U. blrabon, IV
Aussi, malgré leurs courses à travers le monde méditerranéen, les Gaulois n'avaient point commencé l'expérience de la guerre savante.
Ils s'assemblaient et partaient dans l'ignorance des récessités d'une campagne. Ce sont moins des armées qu'ils forment, que des cohues oii se traînent des femmes, des enfants et des vieillards : ils s'encombrent toujours, même lorsqu'ils se disent marcher à la légère, de bagages et de chariots de toute espèce*. On dirait qu'ils se croient encore au temps où la sortie en armes se faisait pour fonder des foyers nouveaux. Et cependant, parmi ces charges dont ils s'embarrassent, il manque souvent les approvisionnements nécessaires : la pénurie de vivres obligera des armées gauloises à renoncer à une expédition ou à se battre prématurément^.
La marche d'une armée demeurait d'une simplicité enfantine. Chaque tribu ou chaque cité formait un corps séparé; et le^ intervalles entre les différentes troupes étaient parfois assez distants pour que l'ennemi pût s'insérer à travers les tribus d'une même peuplade ^ La seule précaution qu'on prenait, d'ailleurs élémentaire, était de placer de la cavalerie à l'arrièrc-garde \ L'usage des éclaireurs, des avant-postes et des flanc-gardes ne s'est répandu que dans les dernières années de la guerre contre César"; les Gaulois ne savent ni se garder dans les passages difficiles, ni dissimuler un mouvement de leurs troupes ^ Ils
1. César, De bello civili, I, 51, 1; De bello Gallico, VII, 18, 3; VIII, 14, 2; 29, 2. Avec les réserves faites p. 413.