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VAISSEAUX DE GUERRE

belges aient amené dans leur pays de hardis marins du Jutland ou de la Frise, ces peuples n'ont point négligé les éléments de puissance qu'étaient les voies et les abris de leurs fleuves et de leurs mers.

Dans presque toutes les campagnes contre César, les belligérants ont utilisé, sur les rivières navigables, des flottilles de barques et de radeaux, et il fallait qu'elles fussent considérables, puisqu'il s'agissait de transporter des hommes par dizaines et centaines de mille : c'est de cette manière que les Helvètes voulurent franchir le Rhône à Genève, et qu'ils passèrent la Saône en aval de Màcon'. Pour s'assurer la traversée de la Seine à Meliin, Labiénus s'empara d'abord d'une cinquantaine de navires qu'il y trouva % et on a vu qu'Hannibal en put saisir un très grand nombre entre Arles et Avignon \

Mais une véritable flotte de guerre n'existait que sur l'Océan. Les Ligures méditerranéens n'étaient que des pirates; ni Arles sous la domination des Salyens ni Narbonne sous celle des Volques ne devinrent des arsenaux ou des ports de marine militaire. Marseille dut s'arranger pour détourner les Gaulois de la mer\ Sur l'Océan, au contraire, ils étaient les seuls maîtres des rades et des routes : les Santons avaient leurs escadres dans les ports et les îles de la mer de Saintonge% les Pictons le long des côtes de la Vendée*, les Morins à Boulogne et sur les estuaires d'où l'on partait pour rAngleterr3 ' ; et c'étaient sans aucun doute des armées navales qui faisaient la force de la fédération armoricaine des cités de la mer.

Les Vénètes, notamment, avaient réussi à constituer une puissante marine de guerre. Tout avait contribué à sa préémi-

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