VII
8. Ce <|iii suit, d'après César, VII, 23. Cf. Musée de Saint-Germain, .Mil, II, Ca(., p. 105 (Mursens).
.k".r lAX. — Histoire de la (ianlo. T. II. — IS
«le bois et de pierres. Les bois servaient d'armature : c'étaient des damiers d'énormes poutres, dont les unes, posées dans le sens de la profondeur, s'allongeaient, à deux pieds l'une de l'autre, de la façade au derrière de la muraille, dont les autres, perpendicidaires à celles-ci, étaient placées en entier dans l'œuvre intérieur'. Celle charpente, du reste, n'était pas continue du bas au faîte de l'édifice; les damiers de poutres ne se superposaient pas directement l'un à l'autre, maïs étaient séparés jiar un élaiîe de matériaux hipidaircs d'une hauteur égale à l'inUrvalle entre deux pifulres'. Sur les faces, on employait, à la fois comme parement de la muraille et comme assises pour les poutres de charpente, des blocs de très grand appareil, dont il n'y avait à craindre ni glissement ni éclatement; la masse intérieure, seule, était formée de terres ou de moellons. Au surplus, la construction était faite avec art : les extrémités des poutres, soigneusement équarries, alternaient à l'extérieur avec les faces des grands blocs; les lignes de jointure correspondaient l'une à l'aulre; h's intervalles étaient réguliers, et les teintes siindues du bois forniaient avec les teintes blanches de la pierre un jeu de figures géométriques que César ne trouvait pas déplaisant. Mais il admira plus encore l'extriionlinaire force de résistance de ce blocage armé : le roc protégeait contre le feu, le bois amortissait le bélier', et d'ailleurs la longueur des jioulres transversales, qui
1. Les tifros di- fer qui fixaient les poulrcs aviiicnt do 20 ù .'11.' ceiilinulrcs de lonp, 8 ii 20 millimètres de rôle; le diaméU^ des poulrcs varie de 20 à M cenlimètre» (de La .Noë, p. 07).
2. r.ésnr, VII. 2.3, 3 : le possnpc n'esl pns très clnir; nous rinterprétons romnie si clin<|uednmierde poutreselnit «oniplètoiiuiilsépnredu dnniiersuperiiurou inférieur pnr une rtun-lie de pierres; mois il serait posMlile que les poutres de sens contrniro vinssent se tourlier d'un étape ù l'autre, et (jue César oit voulu seulement dire que le» 1>outres de même direction fussent sepan-es j>ar un lit de pierres. A Hibr.itte. en ellel, les damiers adhèrent l'un à l'autre en un èchafnutlate ronlinu, cl sont encore renforcés par de>i |)outres dia^ou.iles allant de lias en haut (I, p. ,10). Mèntc adltérenrc, senihle-l-il, à Hoviolles (.Mnxe-Werly, p. 2^4-5). 11 » a trace, »cml»le-l-il. des deux syslémes h Mursens (1" .M<'m., p. 0 et s.).
3. A I/Impernal, • les poutres., dépassaient de l.^ .'» 20 centimètres la face vxléneure «lu mur, et les l)out« en étaient arrondis de façon à donner muius de prise au bélier • (Castagne, ^/c'm. du Con<jrcSf p. 4Si).
atteignait quarante pieds, était telle qu'il n'y avait ni profit à les rompre ni chance de les arracher. — C'est à propos de Bourges que César parle ainsi des murailles des cités gauloises : et on a pu constater, par l'étude des ruines, que ce système de construction fut appliqué chez les Cadurques, au mont Beuvray, un peu partout dans la Celtique propre'. Il n'est pas certain qu'il se soit beaucoup propagé en dehors de cette région centrale ^ Ailleurs, on demeurait fidèle aux bâtisses toutes de pierre, dont les ruines de Nages près de Nîmes et de Sainte-Odile dans les Vosges nous fournissent de beaux spécimens, murailles faites de blocs énormes et inégaux, aux faces mal dégrossies et aux jointures imparfaites, qui rappellent les cités pélasgiques de lEtrurie et du Péloponnèse : les indigènes de ces régions n'éprouvaient pas le besoin de refaire leurs forteresses ou de modifier leurs habitudes de bâtir".
Très compactes, très solides, profondes de douze mètres et davantage ', les enceintes gauloises n'en demeuraient pas moins d'une grande simplicité. Elles se développent sur une ligne continue, sans retours ni saillies, sans ouvrage avancé ni artifice d'ingénieur ^ La hauteur, très variable, ne dépasse pas quelquefois cinq à six mètres^ : les Gaulois ignoraient qu'on pût