Tite-Live, X.\l
4. Longnon, Allas, 9 : jusqu'à caslrum Viwndalors?, Gandalou dans Ca!^t^•lsarrasin.
3. SlraboD, IV, 3, 2 : 'il tov -oTaiioC k'f.;; César, IV, lU, 3.
28 LA TRIBC ET LA PEUPLADK.
Eduens, à leur tour, appuyaient leur cité à la fois sur la route de la Saône (à Tournus, Chalon et Màcon) et sur celle de la Loire et de l'Allier (à Moulins, Decize et Nevers) ' : et la possession de ces ports sur les deux voies les plus animées de la France centrale sera une des causes de leur richesse et de leur force particulières. Maîtres de la Seine, les Sénons se sont aussi dirigés vers le sud-ouest pour menacer la Loire en face des coteaux de Sancerre*; maîtres de la Loire, les Carnutes se sont agrégé, comme un promontoire avancé vers le nord, les pays d'IIoudan et de Mantes', ce qui leur a permis de profiter un peu de la Seine et des richesses qu'elle transportait*.
La prise de possession d'une route fluviale n'est complète qu'à la condition d'en tenir et d'en surveiller les deux hords : c'est le moyen de n'y courir aucun danger et d'y lever sans encombre les droits de péage*. Aussi, à part des exceptions fort I)eu nombreuses*, les rivières de la (laule n'ont pas servi de frontières aux cités. Les bornes des peuplades comme celles des tribus, étaient des forêts, des landes, des marécages, marches solitaires et infertiles où s'arrêtait l'activité des hommes, et qui rebutaient et fatiguaient un ennemi ; ce n'étaient pas les cours de l'eau vive et vivante, par où les choses et les êtres circulent incessamment. Que dans les débuts de leur existence, les tribus
1. César. VII, 90, 7; 42. 5; 33, 2: 55, 1; Loncnon. 10; Yreuro. près de .Moulins, est dans l'Aulunnis.
2. Lon^iion, Atlas, 10 et 1. Us ont otteint la Loire, si, comme je cruis, le pays dWuxcrre »'lail à eux; cf. p. 98, n. I, et cli. XIV. fi 1.5.
3. Lonpiion, Allas, 7 el 1 ; texte, p. 99 : c'est lani-ien doyenné de Mantes.
4. De même, les Mi'(iiomalri(|ues et les Trévires, dont l'axe principal est la Moselle, arrivent jus(|ii'au fleuve du Hliin (IV, 10, 3). Eux et les Leu(|nes sont venus également jusiiu'à la Meuse, où ils ont croisé les i<émes;cf. Longnon, 1. — Pareils phénomènes d'extension vers un fleuve se retrouvent aujourd'hui dons les domaines européens de l'Afriiiue.
."». Cf. Ptrabon. IV. 3. 2.
6. Peut-être la Loire, de La Charité à Briare, fut-elle la limite entre lliluripes et .'^énoDs : si du moins on peut conclure, sur ce point, de l'état médiéval h l'état de l'époque celtique. Je ne parle pas, bien entendu, des estuaires : encore que Ia fiirondc, par exemple, n'ait formé frontière qu'en aval des marais qui enferment le Blayais au nord.
de la contrée se soient éloignées des grands fleuves, qu'elles les aient laissés, eux, les marécages et les roseaux de leurs rives, comme une zone de protection contre leurs voisins; que nos rivières, ainsi que le Tibre avant la fondation de Rome', aient été de longues solitudes traîtresses et malsaines servant de clôture à l'existence politique, — cela n'est pas impossible : mais aucun moyen de recherche ne nous ramène jusqu'à ce temps-là; et dans les siècles gaulois, le fleuve est le centre de la vie d'une peuplade, non pas son terme ^
Cela va de soi quand il en forme la route médiane, comme la Seine pour les Parisiens, la Charente pour les Santons, la Moselle pour les Trévires, l'Allier pour les Arvernes. Mais cela est également vrai quand la cité prend le fleuve, si je peux dire, de loin et de biais, et qu'elle le rencontre en dehors de la masse principale de son territoire : par exemple les Eduens (Morvan) sur la Loire à Nevers% les Volques (Languedoc) sur le Rhône à Beaucaire*, les Allobroges (Dauphiné) sur ce même Rhône près de Genève^. Ces points sont tout à l'extrémité du domaine de