César, VI
6 LA TRIbU ET LA. PEUPLADE.
porajres : la cime glaciale du mont Beuvray ', le Lurzac infertile et les Causses pierreuses •, les marais du Médoc et les sables des dunes', terres vouées d'ordinaire à la solitude, sont pleines des souvenirs et des produits d'autrefois. Polybe s'aperçut, non sans étonnement, que les Alpes étaient habitées au voisinacre même de leurs sommets*, et Ilannibal trouva en effet de nombreux Barbares jusqu'aux lucols du mont Ceuis".
Au surplus, les chiffres acceptés par les Anciens se rapprochent de la densité actuelle de la population, bien [ilutôt qu'ils ne s'en éloignent. La Gaule put livrer des armées aussi nombreuses que celles que la France produisit dans les temps de levées en masse ou de conscription sévère : en 52, tout à la fin d'une longue campagne précédée de six ans de guerre, César aura encore à combattre 338 000 Gaulois, sortis presque tous des terres comprises entre la Garonne, les Cévennes, la Somme et la Marne*. Des Ilelvitt-s, qui tenaient alors l'espace entre le Jura et les Alpes Bernoises, il émigra en i>8 au moins 263 000 tètes ' ; or, la population des cantons qui se sont formés sur leur territoire ne s'élevait, en iiSîiO, qu'à un million et demi", et l'on sait que la Suisse s'est grandement peuplée dans le dernier siècle*. 11 sortit 23000 émigrants de ce qui est aujourd hui
1. Balliot, Fouilles du mont Beavraj,2 voL, I39d; DécheleUr, Les FoailUs du mont Beuvray . 1904.
2. De Gauja), BuiUtin monamental, III, 1837, p. 1 et s. ; de Morlillet, Les Mon»ments mègaUlhiiun de la Lozère, iyo.">, |>. 5t.
3. Drouyn, La Guienne militaire, I, ISrr», p. xaiixcT; Lalanne, L'Homme préhisloriqme dans le Bm-Stééoc, 1887 ^BalL de la Soe. d'Anthrop. de Bordeaux).
4. ir*£:TT«*v ivôp^ithjv çiJAov, ni, 48, 7; T.-L., XXI, 34. I : Frtfjaentem popnlam,
5. F'olybe. 111, 53, fl et 7; T.-L., XXI. .15, 2; cf. |. l, p. 4HI 9.
«. César. VU, 76, 3; 77. 8; et. ^trabl>n, IV. 2, 3 ; les imm«»n!M»s lerriUiin»> dM M^napes (Flandre). 4es IU>nies. drs Tn'vin-s. des Lingon^ et des Letj«ïïre;« n'onl fnumi aucun conlingent a ce total; ce total représente, non pas tous le» homm«>s capnblfs de porter les armes, mai> c-rlum numeram Ci>»*r. Vil, 75, I).
7. I, 29. 2. Kn plus de ce chilTre, il faut cnrore, senible-t-il, compter les esi-laves. f>" » • "Uroux chei les irraods soiirneurs livirétes (I. 4. 2); et il faut compter i «x qui rrstèrcat.
8. I .'ks: . . 2 2:JS 3rt.-. (I.mX)). d'après les calculs lires des chiiïm fournis par le Bureau (edt^ral de Slatisb^e.