CONSTRUCTION
permanent. Et si les Celtes ne se dressaient pas des maisons de pierre, c'était peut-être pour ne point conclure avec le sol un engagement éternel'.
La pierre était réservée aux demeures des morts. Aucune sépulture, que je sache, ne fut de bois. Il y avait alors contraste absolu entre la maison du vivant et le logis du défunt. Celle-là s'étalait à la surface du sol, dans son enveloppe de bois et de paille qui la faisait ressembler à un arbre taillé dans une forêt. Celui-ci continuait à se cacher en bas, impénétrable sous un monceau de blocs et de terre.
Mais, même en matière de sépulture, le Gaulois recule de plus en plus devant les matériaux de grosse taille'. L'usage des chambres inhumées à piliers et à entablement, autrement dit des dolmens, est dès lors tombé en désuétude, et je ne sais s'il v en a quelque part de postérieurs au cinquième siècle^. Les pierres plantées ou menhirs ont été peut-être plus longtemps emplovées, mais dans des dimensions de plus en plus restreintes : elles sont plus basses et moins larges^, et, à la différence de l'âge précédent, les générations de l'ère celtique, pourvues partout d'instruments de fer, se sont mises à les tailler pour leur donner un aspect plus géométrique. La stèle pyramidale ou cintrée se dégageait peu à peu du bloc informe ; mais le monument perdait par là de sa masse puissante et surhumaine.
De la même manière, toute majesté disparaît peu à peu de
1. Bulliot, I, p. 20, a bien remarqué celé tendance des Gaulois.
2. J'hésile i)eaucoup à me prononcer sur le monument circulaire en pierres brutes et à forme conique ou tronconique, trouvé à Kerbascat en Finistère et reconstitué à Kernuz du Chatellier, Mém. de la Soc. d'émulation des Cùtes-du-Nord, 1877; Les Époques, 2' éd., p. 58 et s.). S'il est ancien, il représente la transition entre la sépulture mégalithique et la sépulture pauloise (cf., sur celte transition, t. I, p. 162, n. 1). Autre monument semblable a Plougoumelen (du Clialellicr, Les Époques préhistoriques... dans le Finistère, i" éd., p. 53 et s.). Cf. Loth, p. 31.