DU DROIT DE BATTRE MONNAIE
En Grèce et en Italie, les systèmes monétaires s'étaient formés par tâtonnements. Là, on était parti de la piécette d'argent, frappée et monotype; ici, du lourd cube de bronze coulé aux grossières empreintes. La monnaie s'était ensuite transformée chez ces peuples, au fur et à mesure des expériences. Son histoire, en Gaule, fut toute J-lIérente. Nous ne savons rien des équivalents d'échange des anciens temps : que les têtes de haches en bronze aient pu jouer ce rôle, c'est possible, mais je n'oserais l'affirmer*. L'origine vraie de la monnaie gauloise, celle dont devaient dépendre ses destinées, c'est l'imitation pure et simple de la monnaie grecque. Tout de suite, répudiant une recherche d'originalité, elle est venue s'encadrer dans le système le plus parfait qu'ait produit le monnayage antique.
m. — DU DROIT DE BATTRE MONNAIE
Il va de soi que le monnayage gaulois s'est bien souvent écarté de cette perfection. Les pièces d'or et d'argent en métal franc ne sont pas les plus nombreuses. On a fréquemment recouru à l'électrum, mélange des deux métaux qui plaisait fort aux monnayeurs de la Grèce primitive ^ Les pièces de bronze, de poids extrêmement variable, devinrent de plus en plus nombreuses ^. Il en fut même coulé de cette dernière espèce * : procédé expéditif auquel les Anciens répugnaient d'ordinaire. Le plomb et le cuivre pur*, les misérables alliages du potin (cuivre, étain et plomb), ont également servi aux émissions économiques ^ Trop de gens ont battu monnaie dans les Gaules, le monnayage avait lieu trop souvent dans l'agitation des levées militaires, pour
1. Cf. t. I, p. 184, n. 3; cf. utantur talis ferreis chez les Brtlons (César, V, 12, 4).
2. Voyez les analyses faites ou citées par Blanchct, p. 30 et suiv