‹ Histoire de la GauleChapitre 450 sur 718 · DU DROIT DE BATTRE MONNAIE. 34J · texte numérisé non relu

DU DROIT DE BATTRE MONNAIE. 34J

d une pièce grecque. Les cités ou les tribus gauloises, à quelques exceptions près, ont rais longtemps, si elles y sont jamais arrivées, à s'attribuer un emblème prééminent et exclusif, définissant leur personnalité monétaire, comme Marseille avait ses têtes de Diane et d'Apollon, Gon taureau et son lion , comme Athènes eut sa chouette et x\grigente son crabe.

L'art monétaire de la Gaule était en effet l'image de son état politique et social. Il rappelait, par la complexité et la variété de ses types, le morcellement du pays en cités, en tribus, en clientèles puissantes comme des Etats.

Chaque cité avait le droit de battre monnaie, de n'importe quel métal : ce droit faisait partie de ses prérogatives souveraines, au même titre que le droit de guerre et d'alliance*. Il est même possible que l'entente monétaire ait été une des premières conséquences du groupement en cité des tribus voisines : une monnaie commune n'étaif-elle pas le meilleur moyen, et le plus visible, d'amener la fusion et de leurs intérêts commerciaux et de leurs ressources de guerre? ce qui fut la double cause qui forma les grands Etats régionaux*.

Mais je doute que les tribus elles-mêmes aient renoncé à leur indépendance monétaire : le monnavage a pu être un droit des peuplades, sans être leur monopole. Ces tribus, qui gardaient leurs étendards, leurs chefs, leurs habitudes de résolution propre, n'ont pas dû renoncer au pouvoir de marquer des pièces à leurs symboles préférés. Peut-être leur réservait-on l'argent et le bronze^; peut-être encore, à côté d'une figure principale commune à toutes les monnaies de la nation, la tribu faisait-elle

1. Cela rt'sulte évidemment de l'étude des monnaies gauloises.

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