VII, 20, 9 12; Vlll, 38. 1 et
6. I, 18; I, 20; I, 30; I, 31; I, 32; II, 3; II, 4; II, 31 ; V, 27; VII, 11; Vil, 20; Vil, 29; Vll,32; vil, 38; VII, 39; VII, Oi; VII, GG; VII, 71; Vil, 77 ; Vil, 8'J; VIII, 21.
comme il s'agissait d'évùnements contemporains, qu'il a entendu lui-même quelques-unes de ces harangues, et que des transfuges lui ont transmis les autres, il n'y a pas, dans les morceaux oratoires des Commentaires, cette part exorbitante d'invention que Tite-Live a mise dans les discours d'un Camille ou d'un Canuleius*. Aussi bien. César aurait-il fait parler si longuement les Gaulois, si telle n'avait été leur coutume ?
Ils avaient des manières de s'exprimer qui surprenaient les Romains. C'étaient tantôt des déclamations de tragédiens, le verbe haut, la phrase superbe, l'hyperbole de la pensée, l'exuljérance du moi et la raillerie outrancière-; et tantôt, au contraire, des propositions courtes, incisives et sentencieuses, des aphorismes au sens voilé, une sorte d'escrime intellectuelle, de jeu fait d'allusions, de feintes et de sous-entendus \ Entre trop d'emphase et trop d'es|)rit, le Gaulois ne savait pas être simple et naturel.
III, — or: LA L A N C. l' E DES (3 .\ U L O I S ♦
Que valait, coininc instrument de tra\ail intellectuel, la langue que parlaient les Gaulois? Dans quelle mesure corres-
1. Dans un sens différent du nôtre, Fabia, De orationibus qux sunt in Commentariis Cxsaris, Paris, 188'J.
2. Diodore, V, 3!, 1 : IloXXà ôï ).£yov:£; èv CcrtfSoAai; in' a\iir,ijti jiiv Lxutûv, |xitiiÔ9et ôï toiv a>.>.(i)v, à-£.>.T,Txî te xa"'. «-«ataTixol xal ?£TpxY'!'^''(l*-^0' inâp-^ouat.
3. Diodore, V, 31, 1 : Ki-'a. It tj; ô|xt/.(at; Ppa/j/oyoi xai «IviYiia^ias xai xi no).).à alv'.TTO(i£voi <ijV2x<;o/iy.'i>;. Je ne vois pas pourquoi certains éditeurs suppriment cette df rniére proposition, que donnent les tnss. L'assertion de Diodore correspond en partie à Vargute loquiôc Cnton, t. I, p. 34C.
4. Pour les ouvrages les plus anciens, cf. p. 303, n. 4. Pontanus, Itinrrarium Gallix Narbonensis, IGOO, p. IGI-3it4 (Gloannam Prisco-Gallicum\ le premier, je crois, qui oit tenté une élude scientifique du paulois; Allescrra, nerum Aquitanicarum liiri. \^ Toulouse. 1G4S, p. 127 et s.; Moue, Hic gnlUsche Sprachr, (^rlsruhe, 1831; Zeuss, Grammalica Cellica, 2* éd.. par Kbcl. 1871 (I" éd., 1S5:J); .Monin, Monuments drs anciens idiomes gaulois, 18GI ; Piclel, Aoui'rf 1-ssai sur les inscriittions gauloises, dans la Hev. arch., avril, mai, juin, juillet et août 1807; Ropel de Bellof^uet, <:iossairc gaulois, i" éd., 1858, 2* éd., 1872 (t. 1 de \'i:thnogi'iiie)\ Il/rker, Die inschriftlichen Vcherreste der keltischen if/iraclte, I8G3, Deitrnge i\t' Kulin (;t Sclileicher, 111, p. l62 et s., p. 40Ô et s. ; Thurneyscn, Kelloromanisches, Halle, 18Si ; Loth, Chre*lomalhie bretonne, 1890; Windisch, Kdtisclie Sprache, dans Grundriss de Grœber, J,
pondait-elle à leur esprit et pouvait-elle favoriser leurs penchants?
Par malheur, de toutes les choses de la Gaule qui nous échappent, la langue est à coup sûr celle que nous ignorons le plus. Les Anciens, toujours peu curieux des parlers barbares, se sont obstinément refusés à nous entretenir d'elle, à nous dire en quoi elle ressemblait ou s'opposait aux autres langages de l'Occident'.
Les Celtes, a dit un Grec, ont la voix forte et retentissante, et pleine d'intonations rudes- ; peu s'en faut qu'il ne compare leur langue au croassement du corbeau. Mais de telles épithètes
J888, p. 283 et suiv.; 2" éd., 1904, p. 371 et suiv.; Whitley Stokes, Celtic Declension, 1886 (Beitrâge de Bezzenberger, XI, p. 64-173;; Nicholson, Kellic Rcsearches, 1904; Dottin, La Langue des anciens Celtes [Rev. des El. anc., 1903) =; Manuel, p. 32 et s.; Rhys, Celtx and Galli, extrait des Proceedings of the Brilish Academy, II, 1903; le même, The Celtic Inscriptions, même recueil, 23 mai 1906. Cf. aussi p. 36, n. 7.
1. César nous dit qu'elle dilTérait de la langue des Suèves, c'est-à-dire sans doute germanique {lingua Gallica, 1, 47, 4); de même Tacite {id., Germ., 43); de même Suétone (Cal., 47). Strabon insinue au contraire que les Gaulois et les Germains parlaient la même langue (TscÀ'/a, VII, 1, 2). — Tite-Live fait des Gaulois du Valais (cf. César, 111, 1, 6; 2, 1 et 2), c'est-à-dire de Galates ou de Belges (cf. t. I, p. 315, n. 6), des Semigermani (XXI, 38, 8}, c'est-à-dire des intermédiaires entre Celtes et Germains. — Le même Strabon distingue les Gaulois et les Ligures, £Tcpo£Ov£?; (II, 0, 28). Tite-Live semble dire que leurs langues différaient haud sane multum (XXI, 32, 10). Le même Tite-Live (XXI, 38, 3), parlant des Taurini de Turin, qui sont ë6vo; Aiyuatix^v, anliqua Ligurum stirpe {Struhon, IV, 6, 6; Pline, III, 123), les appelle Semigalli : je ne doute pas qu'il ne faille ainsi lire le texte, voyez Madvig, Emendationes Livianœ, 1877, p. 2G9-270. — De même. Tacite nous parle des ressemblances entre la langue des Gaulois et celle des Bretons, sans indiquer s'il s'agit des Gaulois immigrés en Bretagne ou des indigènes : ^ermo haud multum diversus (Agricola, 11). Il dit d'autre part {Gerni., 43) que la langue des Estes du Samiand était Britannicœ propior que de la langue des Suèves. Je crois possible que dans le premier cas, il s'agisse de la langue des Gaulois bretons, dans le second, de celle des Bretons indigènes. — 11 peut résulter de tout cela que les trois principales langues de l'Occident, gaulois, germanique et ligure, appartenaient à la môme famille. — En revanche, Strabon distingue plus fortement, au point de vue linguisti(iup, Gaulois et Aquitains (surtout ibères, IV, 1, 1). — Le gaulois ne ressemblait pas au pannonien (Tac, G., 43). — Mais jamais aucun renseignement précis n'a[)puie ces assertions générales.
2. Diodore, V, 31, 1 : Taï; ?tova;; [iapur./î?; xoù r.ctyTz'/Mi Tpa/jçwvo; ; cf. Irénée, Contra llœrescs, I, pr., 3, .Migne, VII, c. 443 = p. 10, Slieren Oâpoapov SiâXexTov) ; Claudien, Carmina min., 22 (31), 8 et 20, Jeep (barbaricos sonos); Sidoine, Epist., III, 3, 2 {Cellici sermonis squamam). — En revanche, le Transalpinus sermo de Pacatus (1, p. 271. 20, Ba-hrens) est le latin provincial; de même, le sermo rusticior de Sulpice Sévère (Dial., I, 27, 1, Ualm), distinct du CcUice aul Gallice (id., 4).
Jui-LiAN. — Histoire de la Gaulo. T. II. — 24
302 LA VIE IXTELLECTL'ELLK,
ne signifient rien; n'importe quel peuj)le les a données aux idiomes qu'il ne comprend pas*. Les documents nous en apj)rendront h poine davantage^ : — les noms propres des légendes monétaires ' ; quatre douzaines d'inscriptions, où dominent également les noms propres * ; des noms de lieux, dont beaucoup sont sans aucun doute antérieurs à la conquête gauloise'; une vingtaine de gloses de lexiques*; deux à trois cents mots rapportés par les auteurs anciens'; quelques autres, dont on peut retrouver l'existence par les descendants qu'ils ont laissés dans les langues romanes* : — voilà tout le trésor du celtique ancien, et encore ce trésor renferme-t-il sans doute bien des pièces
1. Julien le dira des Germains : Tlxpa,TÔ.r,<ji-x -roi; xpwYjjLo:; twv "zoa'/ù ^owvtwv ipviÛ6)v (Misopogon, p. 337, Spaiiheim, p. 434. Hertlein); Dion Cassius, LXXIV, 2, 6.
2. Malfrré l'énorme accroissement dos • trésors • de mois gaulois. Comporcz les deux vol. parus de Holder, Alt-ccUischer, SprachschaU (189(i et 1901). avec ses dizaines de inillicrs d'articles, aux 430 mots du Glossaire gaulois de de Uelloguel (1872, 2' ù'J., " considérablement augmentée -, p. 430'; il est vrai qu'IIolder a donné accès à un très prand nombre de mots antérieurs à la conquête celtique, ligures et autres, et même à d'autres mots étrangers aux pays où cotte conquête a pénétré : son livre est devenu peu à pou plutôt un corpus des mots de langues occidentales barbares qu'un glossaire celtique.
3. Muret et r.lialiowillet. p. 317 et s.; Plaucliet, Traité des monnaies, p. 95-150.
4. Les plus importantes sont en lettres latines, et les plus récemment découvertes : le calendrier de Coligny, Ain, i" s. do notre ère (Hev. épigr., III, p. 493 et 541, plancbo; Ucv. cfll.. X.Xl), la tablette magique de Rom, Deux-Sévres. in' ou iv* s. (Rev. cell., XIX; Nicholson, Krltic Resrarches, 1904, p. 131 et suiv). Autres : à lettres ibériques ou étrusr|ues'?, tablette d'Kyguières (Rev. des lit. ane., 1900, p. 47 ; à lettres grecquis : C. I. L., Xll. p. 162, .3S3, 820, 824; à lellros latines, C. /. L., XllI, 1171, 1326, 14.52. 2638, 2821, 28S0. 5168; C. I. L., Xlll, 10024, 164; 100'29, 328; 10026, 80 (?); Décbelelte (cf. p. 373, n. 3); Revue arch., n. s., XVI. 1867, II, p. 12 = C. I. L., Xlll, III, 10(117, 70; les inscr. avot ou avvot (cL p. 373, n. 1). Voyez en dernier lieu, et surtout, le travail de Rhys.