‹ Histoire de la GauleChapitre 479 sur 718 · Stokes et Bezzenberger, p. 1S2, etc.; cf. p. 286, n · texte numérisé non relu

Stokes et Bezzenberger, p. 1S2, etc.; cf. p. 286, n

3. Sauf peut-être dans rinscriptioQ de Rom (p. 362. n. 4), qui, jusqu'à meilleure découverte, me parait être la principale réserve de syntaxe celtique.

4. La parenté entre le gaulois et les langues du Nord-Ouest a été indiquée au moins dés la première moitié du xvi* siècle : Ramus, De moribus veterum Galloram, 1562, p. 82-83 (qui se dit du reste d'accord avec d'autres); Hotomanus [Hotman^, Francogollia, 1576, p. 27. En dernier lieu, tous les ouvrages cités p. 360, n. 4. Une opinion courante au xvr s. était l'identité du gaulois et du germanique; on la trouvera représentée d'une manière continue jusqu'à Holtzmann (cf. t. 1. p. 231, n. 1). Mais, de ce que les Celtes sont venus de Germanie (t. I, p. 227 et s.), il ne suit pas que, à vingt-tinci siècles de distance, et après des révolutions, des invasions et des mélanges infinis, et en Allemagne et en Gaule, on pourra expliquer l'idiome des Celtes par la langue que parlent aujourd'hui tous les hommes qui les ont remplacés au delà du Rhin. 11 faut juger cet idiome par ce qu'il nous a laissé, sans égard aux parentés qu'on peut lui attribuer a priori.

5. Celte double famille serait caractérisée surtout par ia chute du p initial : are

36i LA VIE INTELLECTUELLE.

Et il n'est pas douteux que l'une et l'autre de ces familles n'offrent avec les débris du parler celtique de nombreux traits de ressemblance. Mais ces langues du Xord-Ouest de l'Europe, à quelle distance les saisissons-nous de l'ancêtre gaulois qui les aurait produites ! C'est sept siècles après César qu'on en trouve les

= T:3tîi. " devant ». Les deux groupes «c dislingueraienl surtout par leur manière de traiter la gutturale qu : dans le goidélique, elle devient c, ch, q, c; et p, dans le kimrii|uc. Des réserves sur cette caracléribtii|ue ont été faites par Thurneyseii (p. 8). — Auqu"! de ces deux groupes pourrait-on rapporter plus parliculièreinent le gaulois? Zeuss (p. vi) opinait pour le kiniri(iue. Historiiiucnient, c'est ce qu'il y a de plus logique. Car le Pays do Galles et la Cornouaiiies sont les régions de langue britannique qui ont été le plus en contact avec les Belges immigrés en Angleterre, et le l'ays de Galles est le seul où on peut compter quelques noms de lieux franchement celtiques {Mcdio(anum, MuriJunum). L'opinion de Tliurneysen (p. 9) es^t (|u'il y avait en Gaule des dialectes apparentés et à l'un et h l'autre, et je crois Lien, si l'on admet la filiation, qu'il a raison (cf. p. 368, n. 2) : le qu existait, en tout cas, dons la région de la Seine (Sequana, remontant aux Ligures?) et celle du Jura, Stquani (calendrier de Coligny : in</m/non, etc.\ J'hésite pour ma part, ainsi que d'autres l'ont déjà fait (Bartli, Teutschlamls L'rgeschkhle, 2* éd., Erlangen, IStO, p. 3(iO; Galli, AV><ii sur le nom et la langue des anciens Celtes, Saint-Étienne, 1843, p. 181 et p.; Iloltzmann, hellen und Germanen, Stuttgart, 183.5, p. 00 et s., etc.; Renard, en particulier Bulletins de l'Ac. ruy... de Belgique, XXllI, II, IS.'iC. p. 102 et s.; Kùnnsberg, Wanderung, I8GI. p. 189-221; Martins Sarmento, Lusitanos, 1891-3, Porto : toutes réserves sur leurs autres théories, cf. p. 303, n. 4), j'hésite à considérer comme prouvés les rapports do filiation entre l'ancien gaulois et le kimrique ou le goidelique. Et voici pourquoi. — 1° Les peuples parlant ces dialectes s'appellent eux-mêmes ou Gaéls ^et ce mot • n'a rien û faire • avec celui de Gallus), ou Bretons, ou Kimris (chez les Gallois, nom récent); le nom de Celtes leur est inconnu (Lci[h, L'fjnigration bretonne en Armorique, 1883, Bennes, p. 87-9). — 2° D'aucun territoire de ces peuples il n'est formellement dit dans les textes «juc la conquête gauloise, ctilique ou belge, y ait pénétré; ils sont tous en dehors du nom gaulois, tel que son extension nous est connue par César, Slrabon ou Tacite : j'excepte une partie du Pays de Galles, où se sont lixés quelques noms de lieux gaulois. En ce qui concerne l'Armorique, il me semble prouvé que le breton y a été apporté, après le v* siècle, par les immigrants de l'Ile voisine (Lolh, p. 82-94). — 3" El ceci est plus important : la presque totalité des inscriptions de la Gaule qui sont gravées dans la langue indigène, et qui, par suite, sont cerlainemenl des monuments celtiques, ne peuvent pas s'expli(|uer ou s'expli(iuent fort mal par ces langues du Nord-Ouest (Dottin, p. 81. 108-10".!) : remarquez que ni llult/mann ni ses partisans n'ont connu cet argument, cjui ajoute une singulière force & leur doctrine. — Donc, ou la (Ilinlioa doit être niée, ou les transformations subies par la langue de la Gaule sont trop considérables pour qu'on puisse tenter de remonter du breton ou de l'irlandais au celtique ou au belge. — Il me parait donc fort possible que le breton et l'irlandois dérivent, soit tous deux, soit un seul, d'une langue prégauloise, et notamment du ligure, ou de l'idiome des indigènes qui ont habité les iles Brilanniijues avant l'arrivée des Gaulois, cl que ces derniers ont soumis ou refoulés hors do l'Angleterre proprement dite (cf. t. l. p. 322). Au surplus, je ne crois pas iju'il y eùl entre celle langue ou ligure ou britannique et le celtique ou le belge des

premières traces', et ce n'est qu'au treizième siècle qu'on peut enfin juger de leur structure-. Or, il faut moins de temps parfois, pour transformer radicalement la langue la plus parfaite. Qu'on envisage le chemin parcouru, depuis César jusqu'à saint Louis, par la langue latine, la rivale occidentale du parler gaulois, qu'on songe aux facultés qu'elle a perdues, à celles qu'elle a acquises, à l'extraordinaire évolution suivie par son génie : et cependant le latin fut surveillé de près par les littérateurs, les prêtres et les politiques, il vivait sous la tutelle de cette triple autorité, et à chaque génération il ne cessait de produire des œuvres écrites. Nous pouvons donc nous figurer les changements qui ont bouleversé, dans ces douze siècles, la langue celtique et ses congénères, qui n'étaient point écrites, qui étaient en contact avec toutes sortes de dialectes rivaux, et qui, depuis la conquête romaine, ont vécu à l'aventure, livrées aux caprices des paysans et du populaire. Pour juger sainement le langage que parlaient les indigènes de la Gaule au temps de César, d'Auguste et d'Antonin, il faudrait le juger d'après ce qu'il a laissé de ce temps en Gaule même, et c'est à peine plus que rien.

Aussi, même en nous bornant à noter quelques vagues lueurs au milieu de cette ignorance, nous ne pouvons pas affirmer qu'elles ne nous égarent pas. — Voici les indications que les textes anciens nous fournissent.

différences fondamentales (cf. t. I, p. 122-4, p. 321, n. 2, t. II, p. 361, n. 1, p. 370, n. 3). — Pour ces motifs, nous avons évité de prononcer le mot de « celtique • ou de « néo-celtique » à propos des lanjrues, de la religion ou des coutumes de l'Irlande et des deux Bretagnes, et nous avons préféré leur appliquer le mot de « britannique » (t. I, p. 231, 276), comme l'on faisait autrefois (Gesner, MUhridates, 1555, p. 12-13; Camden, Anglica, 1002, p. 880; etc.). Cf., sur cette question, t. II, p. 13, n. 5. — Nous ne rappellerons qu'a titre de curiosité les hypothèses auxiiuelles a donné lieu la langue gauloise, ses prétendus rapports avec l'hébreu, qu'elle a engendré le français, qu'elle vient du grec. etc. : cf. les livres cités p. 80, n. 2. et, en outre : Le Brigant, Observait ons fondamentales sur les kmijues, 1787; de Moyecque, Les Gaulois nos aïeux, leurs origines et leur langue, Morlaix, 1881; de La Rochefoucauld dans La Nouvelle /feuuc, janv.-févr. 1905; etc.

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