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entendu, les Hellènes, aucune population méditerranéenne n'eut autant qu'elle le goût de grouper des idées et de jouer des mots. Chez les Italiotes, la littérature primitive vécut surtout de formules magiques et juridiques; il n'y eut, en Espagne, que l'aimable royaume de Tartessus qui ait su composer des poèmes ' ; les Ligures demeuraient oublieux et illettrés", l'Etrurie et Cartbage, infécondes ou à demi muettes. Chez les peuples militaires venus du Nord, épris de gloire et d'action, l'esprit vécut d'une vie plus intense que dans les empires marchands et les tribus agricoles qu'ils ont remplacés ou combattus.
Les Gaulois présentent à peu près toutes les formes de la littérature verbale. Comme il arrive chez les nations qui n'écrivent pas, mais qui se souviennent, ils ont cherché dans le vers, le rythme et la cadence, des moyens de tenir et de retenir les mots. Leurs œuvres furent donc surtout des poèmes et, pour la plupart sans doute, des poèmes destinés à être chantés.
La poésie didactique était représentée par les interminables poèmes que les druides composaient ou inspiraient : car ce n'étaient pas de brèves sentences, mais des suites de vers innombrables que ces cosmogonies, ces épopées de l'univers où ils exposaient tour à tour la nature des choses, astres et terre, le rôle des dieux, l'essence et le sort des âmes, l'origine et l'histoire primitive du peuple celtique'.
Ces poèmes de prêtres, transmis avec soin d'âge en âge, ai)pris dans l'ombre et le mystère, étaient le domaine littéraire commun et sacré de tout le nom celtique*. .\ côté d'eux s'épanouissaient, au gré de l'inspiration de chacun, les récits des gestes d'autrefois, les chants épiques, les hymnes de bataille,