‹ Histoire de la GauleChapitre 495 sur 718 · LITTÉRATURE VERBALE · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE VERBALE

toute cette poésie de combat et de gloire dont raffolent les races guerrières*. Nous soupçonnons qu'elle fut, chez les Celles, extrêmement prospère, car elle servait à merTeille les intérêts et les vanités de la noblesse toute-puissante. C'étaient les familles et les victoires de cette noblesse qu'elle célébrait. Un chant en l'honneur d'un grand ressemblait à une apothéose. Je me l'imagine débutant par l'ancienneté de la race du chef, les origines humaines ou divines de sa famille, racontant les fabuleux triomphes de ses ancêtres, et les courses lointaines des Gaulois dans le monde, tantôt les Celtes qui montent au Capitole, tantôt Bellovèse qui franchit les Alpes'. Puis, le poète abordait l'éloge du maître lui-même, sa richesse et sa force, la terreur des ennemis devant lui, l'éclat de ses marches triomphales, la reconnaissance de ses clients enrichis ^ Histoire épique du peuple, enthousiasme du dithyrambe se mêlaient pour aboutir à la gloire d'un seul : étranges et vivantes poésies, où l'on eût retrouvé à la fois les thèmes des odes de Pindare et des annales gentilices de Rome.

Les Gaulois avaient également leur poésie satyrique, morceaux le plus souvent improvisés, moitié railleries, moitié invectives, Atellanes d'un peuple bavard et à l'ironie facile*. Ils possédaient encore des chœurs de guerre, chantés avant la bataille ou dans les retours victorieux"; et leurs cantilènes magiques, leurs prières de souhait et leurs formules de charme^; et enfin, leurs poésies prophétiques ', où ils annonçaient le

1. Posidonius ap. Athénée, IV, 37, et VI, 49; Diodore, V, 29, 3; 31, 2; Lucain, 1, 417-9; Ammien, XV, 9, 8; Strabon, IV, 4, 4; Appien, Celtica, 12; Élien, Ilist. var.', XII, 23; Nicolas de Damas ap. Stobée, XLIV, 41 = fr. 105, 3.

2. Diodore, V, 29, 3; Appien, 12: cf. Properce, V, 10, 41; ici, p. 70; Silius lUlicus, IV. 150-3; Tite-Live, V, 34; ici, t. I, p. 28G-7, p. 294. n. 7.

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