Tacite, Hist., IV, 54; Mêla, III
triomphe de leur nom et la chute lamentable de leurs ennemis. Car, en poésie encore, la guerre était la principale inspiratrice: tous les genres vivaient d'elle ou menaient à elle, et même les poèmes didactiques, que les druides terminaient sur le conseil de ne point craindre la mort'.
D'un seul genre littéraire, le théâtre, il n'est point dit qu'il fût connu des Gaulois-. On ne peut conclure de ce silence qu'ils l'aient ignoré. Un des premiers effets de la conquête romaine sera de faire bàlir par toute la Gaule des théâtres de pierre, et souvent loin des villes, presque au milieu des bois, près des sanctuaires ruraux, dans les pays à demi sauvages du Nord ou de r(kiest. Ce qui ne s'expliquerait point si les indigènes n'avaient eu depuis longtemps l'habitude d"éga3'er leurs fêlci»* et leurs foires* par des farces rustiques et de naïfs mystères.
Car, si la passion des combats anime surtout cette poésie, (lie n'en vit pas moins dans une certaine dépendance de la religit)n. Il en est d'elle comme de la monnaie, de [)resquc tous les produits de la main et de la pensée des hommes. Si elle exalte la guerre, elle est imprégnée des choses religieuses. Les poètes se rattachaient presque tous au monde sacerdotal : les prophètes composaient des chants", les druides des poèmes', et le poète proprement dit, ou le barde, était souvent regardé comme un assistant de la prêtrise, un ministre du culte \
i. T. II. p. 107, 171-5.
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