Ammien, XV, 9, 8; Diodore, V
G. Muret et Chabouiilet, tables, p. 291; Blanchet, p. 103. Elle porte, sur les
Les bardes, comme lesjongleurs du Moyen Age, improvisaient souvent, et avec une grande présence d'esprit, en gens habitués à cette voltige intellectuelle. — On racontait ceci de la cour de Luern, chef des Arvernes. Un jour de grand festin, un barde se présenta trop tard; Luern était déjà parti, et sur son char. Le poète le rejoignit, le suivit, chantant sa grandeur, gémissant d'être arrivé après boire. L'Arverne lui jota une bourse pleine : et l'homme, l'ayant reçue, continua sa course et son chant, brodant de nouveaux vers où il comparait les empreintes laissées par le char à des sillons d'où germaient l'or et les bienfaits*. Ce qui, pour un Barbare, n'était pas de trop mauvais goût.
Les poètes suivaient aussi leurs chefs, prêtres ou nobles, sur les champs de bataille et dans les plus longs voyages. On disait même qu'on en avait vu s'avancer entre deux armées ennemies, arrêter et apaiser par leurs chants des adversaires prêts à rombaltre : ce qui ne laisse pas que d'être fort étonnant '. Un jour, un général romain, guerroyant dans le Midi, vit venir à lui un chef gaulois, accompagné de ses hommes d'armes, de ses chiens et de son barde, et ce fut le poète qui parla d'abord, pour entonner un chant en l'honneur de son maître*. Ces bardes servaient donc à la fois de hérauts et de parlementaires. Les Romains trouvaient la chose plaisante. Mais j'aime encore mieux voir, à roté d'un chef militaire, un barde qu'un pullaire, un poète qu'un sacritîcateur. ÀS'un certes que les camps gaulois manquassent do prêtres : mais la présence de chanteurs montre que ces peuples voulaient, même à la guerre, entendre d'autres paroles que les
nidtinnics. 4 à 5 conlo?, ce qui la rapprocherait de la lyre primilivo prerqnc, qui «-M a%ail 3 il 4 (Th neinacli, Dict. des Ant., au mol I.yra, p. 14(i). l/aiialoirio avec la crotta des Urelons (Korlunnl, Carm,, VII, 8, 01) nous échappe.
1. Ta t/vT, Tf,; Y'i» ^?' *■» apii»TT,).aTer 5(pufft»v xai £V£pvc<jts< àvOpcBRot; çî'ptt, .\lhciice (Posidonius), IV, 37, p. 152/.
2 Diodorc, V, :H, 5. Si la chose est vraie, il doit s'agir de druides accompap^n^s parleurs bardes el imposant leur médiation (tovtoi;, les druides, xai toî; iiiXuiôovvi T;oti',Tai;, dit Diodore); cf. p. 103.