Pour la bibliographie du Vulai*, p. 52U. n
9. Plus loin, p. 520; t. I, p. 290 et s., p. 309 et s., p. 525; t. II, p. 12.
.i»',4 LES DIFFÉRENTS PEUPLES.
dans moins de trois gén«''rations, la poussée victorieuse des Germains rompra à tout jamais, le long de ses rives, la continuité trois fois séculaire des nations gauloises'. Et, en aval de Mayence, dès ce moment, ces Germains ont commencé à se répandre sur la rive gauche.
Ce coude de Mavcnce marquait vraiment la fin d'un monde et le commencement d'un nouveau. Il y avait là (|uelques-uns de ces accidents du sol ou de ces spectacles de la terre qui étonnent tt rctindt-nt Its peuples, et qui s'imposent comme frontières à leur imagination et à leurs ressources* : une plaine qui s'arrête brusquement, un grand fleuve qui jusqu'ici coulait, large et épanoui, à travers de vastes terres ouvertes, et qui maintenant se resserre pour s'insinuer au fond d'une gorge bordée do rochers, les montagnes dures et noires du Taunus, une immense écbarpe de forêts venue de l'Kst. qui se drape par-dessus l'horizon et qui l'obscurcit en entier \ Au sud finit donc le domaine des Gaulois; au nord, commença celui des Germains.
(^eux-ci, comme les Gaulois d'en amont, tendaient à occuper les deux rives'. Leurs progrès vers l'Occident se faisaient surtout sentir le long des voies fluviales, Moselle et Meuse, qui des bords du Rhin menaient vers l'intérieur. Ils se sont manifestés, soit par des inlillrations d'hommes, soit par des migrations de tribus.
Sur les deux rives de la Moselle, les Trévires aiïeclaicnt une origine germaniciue*. Je doute fort qu'ils soient venus d'Allemagne, en foule ou en corps de nation, .séparément des Belges et longtemps après eux, car ils se montrèrent toujours trop fran-