BELGES DE HAINAUT ET DE FLANDRE
pouvaient nourrir sans peine unepopulatien assez drue'. Aussi, en 57, levèrent-ils contre César soixante mille hommes, qui périrent moins cinq cents, et purent-ils encore, en 52, en envoyer cinq mille au secours d'Alésia-. Ils avaient habilement utilisé, pour la défense, les épaisses forêts de leur territoire : par endroits, ils laissaient les arbres pousser tout en largeur, s'entrelacer aux ronces et aux broussailles, et ces haies basses, compactes, à peine visibles, étaient un abri aussi efficace qu'une muraille de pierre et de terrée Intermédiaires entre la plaine et la région des Ardennes, ils jouissaient à la fois des bienfaits agricoles de Tune et des avantages, militaires de l'autre : ils trouvaient chez eux des moyens suffisants pour vivre et se protéger. On leur fît par suite, dans toute la Belgique, un renom particulier d'esprit d'indépendance, de courage et de barbarie*. Les marchands ne devaient point pénétrer sur leurs terres : ce qui privait ce peuple des excellents bénéfices que ses routes auraient pu lui procurer ^ Ils s'interdisaient le vin et toute chose de mollesse et de luxe*. Même ils ne voulaient et ne savaient point combattre à cheval : et, seuls de tous les Gaulois, ils ne valaient que comme fantassins, d'ailleurs de tout premier ordre". Et s'ils fermaient aux trafiquants la route de la Sambre, ils la barraient aussi aux Germains.
Les Morins*, qui occupaient les. collines du Boulonnais et les bas-fonds marécageux du Calaisis, n'étaient qu'un nom sans
1. Voyez Vidal de La Blache, Tableau, cartes des p. 54 et G3, et p. 36, Gl, 04.