‹ Histoire de la GauleChapitre 670 sur 718 · Strabon, IV, 1,11 (à propos de Vienne et des Allobroges · texte numérisé non relu

Strabon, IV, 1,11 (à propos de Vienne et des Allobroges

2. Comme principale ville de hauteur, Arlémidore (Strabon ap. IV, 1,11) citait 'Aspia cher les Cavares : c'est sans aucun doute une localité' du haut pays, aux environs du Ventoux. ?i c'est, comme je le suppose, Sault, du reste important carrefour de routes du haut Vauclusc, les cols étroits et boisés dont parle Strabon (d'Aéria à la Durance ou au Lubéron?, IV, 1,11) sont les cols de Sault à Apt et d'Apt à Cadenet « t à la Durante

3. Les Voconccs passeront pour ligures (Strabon, IV, 6, 4), les Saljcns sont des Celtuligures (IV, 6, 3).

Arles sur le Rhône et Kntremont ' près d'Aix, étaient st'parées par la Crau; Toulon, qui appartient à ce même peuple, est isolé du reste par les monts des Maures et de la Sainte-IJaume. Une entiiTc disparité d'existence distiniijuait, chez les Cavares, les aj;ri<ulleurs de la Sorgues et les hîicherons du Lubéron. Aussi, par ce nom de Cavares*, comme par ceux de Salyens et d" Allnbrogcs, faut-il enton«Ire moins un Etat déjà constitué quuno li-rue do tribus, d'une extension variable, aux liens lâches et intermittents. Qu'on se rappelle le passage d'IIannibal chez les Allohroges : tous les groupes daujdiinois portaient ce même nom, mais chacun d'eux vivait et guerroyait à sa manière, et si celui du coniluent de l'Isère paraissait hur maître, son pouvoir était fort précaire*.

Chacun de ces trois peuples avait ses ressources et son caractère propres.

Les Salyens * se trouvaient les jtliis mal lotis en fait do

1. CVst un (io lours principaux (>pi>ida et pout-<'lrp leur prinripa), Arlrs i^lnnt surltiul leur porl (Slrahon, IV, 1. 0) : nii^ino rnppitrt quVnlre Mmes et NarUinne «hcz les Vijlijups ArtVominuPS. Knlremonl est un plali-au situé pri's d'Aix, doininnnl, en mt'^nie temps (|ue la valli^e de l'Arc, la brèche par où passait la route de Marseille ù la Duraucc. Liant donné que le territoire des ïjalyens vo jusqu'au, Lubéron au nord de la Durance, Kntremont et Aix en sont h la foi» le contre péomclrii|ue et le centre militaire.

2. Strnlion dit bien que le nom de Cavares est un nom flottant, qiv s'est élen lu par la suite, oCtio; r,lT,, à tous les Gaulois de celle ri'pion (IV, 1, 12); cl. p. 510, n. I.

4. Salluui, C. 1. L., I. 2* éd., p. 40; Saly^. Aviénus, TOI; Satlias. ace. 7, César, 0* 6. c, I. 35, 4; ila/ut; ou ïâ)X-.t;, Slrahon, IV. I, 3. etc.; Charax ap. EL de Byr II ne serait pas impossible qu'il fallût rapprocher ce nom des noms de pcu| us ligures en -uftii ou -ybH (cf. p. 480, n. 11. Sur leur nom et leur formation, l. I, p. ISO. n. 5, p. 30:i-4, 311-2, U II, p. 19. On les divisait en dix tribus, jup»; (.^trab-n, IV, 3, 3; cf. p. 20\ qu'on peut presque toutes retrouver (cf. L I, p. 180) : I le» Salyens proprement dits (Arles'.', Avienus. 701); 2* les pens d'Frnnpinum ou S. in;- Gabriel, é\rarchi pour Erwhji?, Aviénus, 700; .3" les Ai^atiri, autour de l'étani: da Berre'.'; 4* les i4n<i<(7ii. dans la vallée de la Toiiloubre?; .V les f.omanes ou Srcobrijres des environs île Mars«'ille et de (iarpuier (t. I, p. ISO, n. 4; cf. l'Iine, III, IC; Varron, li. r., II, 4, 10, <:omntin.r pour lomnn.r?); 0' les pens de Ceyre>te, (Jatmulalici'.' (l'Iine, III, 34); 7' et 8* ceux de Toulon peut-4'lre les Sticlteri suf-mque \'erucini de l'Iine, III. 34; cf. p. if.rt, n. Il ; r la tribu de lArc {Crnirrnsrs. l'Iine, III, 36; KaiviXT,ti.>v, Cabinet des Métiailles. J'Ji.'i-Oi ; I0~ les fVjui<i(cs, intus, c'est-à-dire dan* la répion de Perliiis et Cadenel nu delà de la Durnnce (Pline, III, 34; C. /. /-., MI, 105-', 1003-4; cf. p. 510. n. 1); IT les Uormanni ou liormani Pline, III, 30), dan* les

PEUPLES RHODANIENS. S13

plaines : la Camargue n'était bonne que pour les chevaux, et la Crau pour les bêtes à laine; moustiques et Mistral les rendaient insupportables à d'autres qu'à des chasseurs et des bergers'. En revanche, leurs montagnes étaient moins âpres, plus familières, comme celles des Maures, de la Sainte-Baume et de Sainte-Victoire, hautes collines baignées de soleil, parfumées de thym et de lavande. Leurs places fortes de l'intérieur offraient des pentes plus accessibles : près de la principale, Entremont sur la vallée de l'Arc*, sourdaient les plus célèbres des eaux chaudes du Midi, celles d'Aix-en-Provence ^ Enfin, ils touchaient à la grande route du Languedoc, à la mer et à Marseille. Les mêmes influences méridionales qui agissaient sur les Volques, pouvaient amener les Salyens, plus tôt que d'autres Gaulois, à la vie civilisée. Déjà au temps de Marius ou de César, nous verrons chez eux les rudes et puissantes ébauches d'une sculpture originale*. Partout, les tribus reçoivent et imitent les monnaies marseillaises \ Les négociants grecs sont accueillis en amis de tout instant; et s'il le faut, les Salyens mettent au ser- l vice de leurs voisins hellènes les soldats de leur nation ^ — ^ Pourtant, ils ne sont devenus ni aussi riches ni aussi cultivés qu'on l'attendrait de leurs alliances et de leur situa- ^tion. Le carrefour d'Arles n'arriva jamais, avant la domination romaine, au rôle commercial que lui offrait la lalure : il man-

monts des Maures. — Cf., dans des sens 1res difTérenls : Bouche, La Chorographie oa Description de Provence, Aix, 1, 10G4; Gilles : 1° Les Saliens avant la conquête romaine, [fragment sur Velaux], 1873; 2° Le Pays d'Arles, [s. d.], Paris et Marseille; 3^ Le Pays d'Aix, ; 1901 ?] ; Jullian, dans les Mélanges H. d'Arbois de Jubainville, [1906], p. 97 "Oi).

1. Sur le Mistral et la Crau, t. I, p. 57, G7, 87, t. Il, p. 209 et 283; sur les Marseillais en Camargue, t. I, p. 400; chevaux de Camargue?, t. H, p. 191, n. 3, p. 279, n. 4; le butor, p. 287.

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