‹ Histoire de la GauleChapitre 69 sur 718 · CHEFS-LIEUX OU CAPITALES · texte numérisé non relu

CHEFS-LIEUX OU CAPITALES

société politique, au croisement des chemins qui longeaient les grandes rivières et de ceux qui descendaient de la région montagneuse'. De la plate-forme du mont Beuvray ^, à-égale distance des deux ports frontières de Chalon et de Nevers, les Eduens voyaient en bas la vallée de l'Arroux, axe de leur territoire, qui unissait leurs deux cours d'eau principaux, la Saône et la Loire. Ai-je besoin de dire que les Parisiens voulurent ressortir à Lutèce\ à cette île providentielle, bien isolée au milieu de leur fleuve, non loin de laquelle se mêlaient tous les flots de leur domaine, et qui était à égale distance de toutes les bornes de leur territoire, de Luzarches et d'Arpajon, de Lagny et de Conflans dOise*?

Certes, ces lieux de défense et de rendez-vous n'étaient pas de vraies capitales, comme Rome le devint du Latium et Athènes de l'Attique. Jamais, au temps de l'indépendance, l'Etat gaulois ne laissa une seule localité absorber le meilleur de ses forces et de ses ressources. La vie de la cité était dispersée entre les pays des tribus et les villages des familles^ : elle ne se concentrait sur un point qu'aux jours solennels des pèlerinages, des marchés, des assemblées. Mais, par la force des choses, de leur situation et de leur prestige, ces points du sol national étaient de plus en plus regardés comme le principe permanent de sa vie politique et matérielle. Ils étaient à part sur le territoire. On

1. VII, 13, 3 : Avaricam..., maximum manitissimumque infmibus Bitarigum.

3. VII, 57, 1 ; cf. Longnon, pi. 8. — .\ulres villes, mentionnées dès le temps de César, qui semblent déjà jouer le rôle, reconnu ou officieux, de villes principales: Amiens, Samarobriva, chez les Ambiens (V, 24, 1; 47, 2; 53, 3); Arras chez les Atrébates (p. 59, n. 4); Bratuspantium (qui n'est pas Beauvais) chez les Bellovaques (11, 13, 2-3; 15, 2); Aoviodanum (ce n'est pas Soissons) chez les Suessions (II, 12); Durocortorum, Reims, chez les Rèmes (VI, 44, 1); Vesontio, Besançon, chez les Séquanes (I, .38, 1, oppidum maximum Sequanorum; 39, 1); Limonum, Poitiers, chez les Piclons(VllI, 20, 1); Vienne chez les Aliobrogos (Strabon, IV, 1, 11); Toulouse chez les Volques Tectosages (Strabon, IV, 1, 13; César, III, 20, 2; Dion Cassius, XXVII, 90; Justin, XXXII, 3, 9); Orléans, Genabum, chez les Carnutes (Vil, 3, i «t 3; 11, 3-9; VllI, 5, 2). — Cf. ch. XIV.

Page 1