LE BASSIN DE LA LOIRE
nom celtique, venu des rivages lointains de l'Océan Septentrional. Mais c'est dans ses terres que ce nom a poussé de nouvelles racines, c'est grâce à elles qu'il s'est rajeuni pour une vie puissante*, comme le nom franc devait se retremper et grandir dans le bassin de la Seine, et le nom normand sur les rivages du Calvados.
Aussi la vallée de la Loire nous offre les souvenirs les plus anciens et les traditions les plus fortes du monde gaulois -. Le premier roi celtique dont des récits aient conservé le nom était un Biturige, et de Bourges les Celtes sont partis pour conquérir l'univers. C'est sur les hauteurs qui dominent ses rivières, sur les ports qu'abrite le fleuve, que se trouvent les villes les plus fortes, les plus belles, les plus laborieuses ^ Des Etats de la Loire dépendent ces lieux de grand pèlerinage, ces assemblées de prêtres et de dévots, ces groupements de foules venues de partout pour se courber sous l'espérance ou la crainte, toutes ces panég}Ties spontanées qui sont les revanches de l'humanité en désir d'union sur les morcellements misérables des sociétés politiques. Cette contrée, qui présentait l'équivalent celtique de Delphes ou de Saint-Jacques, de La Mecque ou de Lourdes, était bien le « milieu » moral de toute la Gaule *. Enfin, quoique le plus vaste de tous les bassins, il était le moins divisé, et n'appartenait qu'à un petit nombre d'Etats, solidement organisés.
Nous avons déjà indiqué ceux qui en détenaient les abords inférieurs, Ai'lerques et Namnètes au nord, Lémoviques et Pictons au sud^ Des Andes, maîtres en Anjou % des Turons, maîtres en Touraine, nousne savons que très peu de chose' : ils occupaient