Latosjînes, VIII
6. Cf. César, VII, 5, 4. Les principales roules qui traversent le pays de Bourges paraissent être : à l'ouest, celle d'Orléans à Limoges ^p. 533, n. 5); au centre, celle d'Orléans û Bourges, gardée par Noviodunum a l'entrée du pays bilurige (cf. p. 54;
VII, 12, 2); à l'est, celle de Bourges à Nevcrs, Decize et Bibracle (VU, 33, 2;
VIII, 2; 4, i).
7. Ils ne se sont jamais bien défendus que par Avaricum (VII, 15 28; cf. VIII, 2-3 .
8. VII, 5, 2-4. — Sur leurs monnaies, p. 339, p. 348, n. 6 et 14.
9. Lts mss. de César hésitent entre .€dui, Edui, lledui, Hxdai (liolder, I, c. 65-66); les monnaies donnent Eduis (Blanchet, p. 119); les inscriptions, .€Jui; la forme preique la plus connue est X'.lo\éO: (Strabon, IV, 3, 2); s'il n'y a pas erreur de copiste, la plus ancienne forme connue serait ou A[r]ô'ji; (p. 539, n. 2) ou Aï^oOtio» (Apollodore ap. Klienne de Byzance, s. v.). Sur ce nom, cf. p. 36. — Baudiau, Le M-jrtund, 2" éd., 1, 1SG5, .Nevcrs, p. 61 et 3.; Bulliol, Déchelettc (cf. bibiiograp!\ie, p. 2G0, n. 1).
redoute que forme le massif du Morvan', compacte, sombre et mystérieuse, hérissée de taillis, pleine d'invisibles recoins. Au dessus de cette citadelle même, tel qu'une tour sur un donjon, se dresse le mont Beuvray, i'i plus de 810 mètres de hauteur. VAce mont, d'une part, présentait un plateau assez large pour recevoir une ville et un pepjtle, de l'autre, se trouvaitcampé sur le rebord même du massif, dominant les vallées les plus ouvertes, les <liamps les {jlnsirais, les routes les plus passagères de la région'. De cette plalc-foniii' d»; Hibracle, les Iiduens voyaient et menaçaient tout un monde; et réfugiés là, à l'ombre des remparts de la cité, derrière les hètraies pleines de vipères (jiii couvrent les flancs escarpés de la montagne, ils n'avaient rien à redouter des jdus braves, Bibracte, j'en suis sûr, fut le point de déj)art et lo plus sur garant de leur puissance'. — Autour du Beuvray et (hi Morvan marchaient et circulaient de très bonnes routes, uni.ssant les trois j)lus grands bassins de France : entre la Saône et la Loire, celle <le la Bourbince et de la Dheune *, et. visible du jdateau même de Bibracte, celle de l'Ouche et «le l'Arroux'"; entre la Seine et la Loire, la Nièvre, dont la vallée rejoignait celle de l'Yonne*; et, plus loin et plus bas, la Sa«^ne et la Loire elles-mêmes, complétant le clieniin de iundc (pii comi au |>ied du .Morvan. Là où les chemins traversaient ou longeaient lo haut j)ays, les l'Muens avaient multiplié les |>laces fortes : tout promontoire saillant, tout mont isolé était devenu dans leur
1. Le Miirvnn csl un nom très ancirn : Morvinnirus, C. /. l.., VI, 11090; Morvennum, A'o/.t Tironian.r (Zanpoinci^tiT, § 18, p. 24 et 11).
2. Sur cfUr ville de liihraftr, nom, s<iurro. r«Mo et nspi'il. t. I, p. li:l, n. 1, p. 177, t. Il, p. 61-:», i:iO. 210, 244, 2.'>r»-0. :i28-0.
3. r.csnr, I, 23, 1 : Oppido .f.'./iiori/fn Inwjr marimn et copiosissimo. VII, 53, 4 : Oppidum apud eos maTimsr (luclorilitlis. Slrnlum, IV, 3, 2 : 4*poCpiov.
4. C'est In fameuse Iroure de ('linpny, route de Clinion n Oifroin.
5. Avec la montiV pnr Arnny-le-Dnc. — Ces doux roules et l.i Sn^^ne semlilctil avoir /-t* riMinies cnrore par trois voies Iraversicres : 1» de Clialon et Chnpny à Hibracle par Noiay et Rpinac; 2" de .MtWon a Biliraete par Cluny, Mont Sainl-Vincont, Montceni» et la valloe du Mesvrin (celle de 58?, 1, 23, etc.); 3" de .Mâi-on à Difroin par Cliarojlrs.
empire un lieu de garde ou de menace '. Sur les routes et les croisées d'en bas, au contraire, ils eurent des ponts, des passages, des ports, avec les douanes et les entrepôts nécessaires, à Nevers ' et Decize^ sur la Loire, à Chalon' et Màcon' sur la Saône : et ces lieux de traversée et de rencontre se transformèrent en bourgades utiles, où s'arrêtaient les négociants*. De Marseille en Bretagne, le commerce devait passer sous les péages des Éduens, du moins quand il voulait éviter les froids et les montées des cols arvernes ou les longueurs des portages lingons^ — Au delà enfin de ces fleuves et de ces routes, de proche en proche, l'empire du Beuvray était descendu très loin de Bibracte, amorçant de nouvelles routes sur celles qu'il possédait déjà. A l'ouest, il arriva, le long de la Loire et de l'Allier, jusqu'à Moulins ', comme s'il voulait fermer aux Arvernes les chemins du Nord et de l'Océan. Au sud, il rangea sous sa clientèle les Ségusiaves, tribus du Forez et des montagnes beaujolaises et lyonnaises ' : ce qu' lui donna la main-
1. Par exemple : sur la route de Bibracte à Cbagny et Cbalon par Nolay (cf. p. 536, n. 5', le mont de Rème, Rome-Château.
2. \oviodunum. César, Vil, 55; cf. p. 54, 248. Nevers est : 1' le port de la route de la Nièvre vers .\uxerre et Sens (p. 529, n. 3); 2° le point de départ des routes vers Roanne et Lyon {p. 226 et 538), vers .Moulins et Gergovie (p. 232, 542, n. 4); 3' le port et lieu do passage sur la route de Bourges à Bibracte par la vallée de l'Aron (p. 535, n. 6j; 4" la grande étape de batellerie entre Roanne et Orléans, et, par suite, un des points essentiels de l'Empire éduen.
3. Decelia : Vil, 33, 2; c'est le point où la route de Bibracte à Bourges par l'Aron (cf. p. 535, n. G) atteint la Loire.
4. Cabillonum : Vil, 42, 5 ; 90, 7; Strabon, IV, 3. 2; p. 243, 249, 254, p. 536, n. 4 et 5. C'est, si je peu.x dire, la ville symétrique de Nevers sur le versant rhodanien; de là parlent : 1° les routes des Éduens vers le .Midi par la rivière et vers les Helvètes par les cols du Jura (cf. César, I, il, 1; 12, 2), 2' la route des gens du Midi vers les Séquaneset le Rhin par Besancon; 3° et c'est le port où aboutit la route directe du Beuvray à la Saône (p. 530, n. 5).