‹ Histoire de la Gaule méridionale sous la domination des conquérants Germains (volume 2)Chapitre 25 sur 51 · INDÉPENDANTE · texte numérisé non relu

INDÉPENDANTE

-ii celui du (>eupi& et de ta famille , en leur donnant (cun chef comme loi, qui Jais redouter ton existe tence des nations étrangères , qui règnes en \ain- (cqueur sur les vastes champs de Ja Gaule, afin que « nul rebelle en armes ne les envahisse , qui fais «trembler le Goth, le Vascon, le Danois , l'Estion, «le Saxon, le Breton, que tu appris à vaincre sous « ton père*. »

La seconde pièce de Fortunat où il s'agit des Vascons fut adressée au Bordelais Galactorius lorsqu'en 584 ou 585 Contran , alors maître de Bordeaux, l'eut jiommé comte de cette ville. Le poète, après avoir félicité sur sa promotion ce Galactorius dont il parait qu'il était Tami ,• forme le souhait de le voir élever bientôt à I9 dignité supérieure de duc, souhait qu'il exprime en ces termes :

«^Le foi puissant (qui t'a fait comte), afin que tu « puisses grandir encore, te doit l'unique titre au- (( dessus dq, tien, celui de duc, afin que tu défendes « habilement les frontières du pays et que tu con- « quières des villes pour celui qui te comble de «biens; afin qxie le Captabfe tremble, et que le (c Vascon vagabond craigne tes armes et abandonne « le refuge des monts Pyrénées 2. »

Personne sans doute ne s'imaginera que les peu-

(i) QaemGeta,WascotFemnnt, Danus, £stio, Saxo, Britannus.

' Càrm. ad Chilpéric.

(îx) Cantaber ut tiraeat, Vasco vagus arma pavescat, Atque Pyrenseœ deseral Alpis opem.

V Carm. XXU.

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pies divers nommés dans ces deux passages n*y figurent que comme des ornements dé rhétorique. Si rapides qu'elles soient , lesi allusions de Fortunal^ aux guerres des Franks contré ces peuples opt in — dubitablement un motif et un sens historiques^ Restreintes à ce qui concerne les.Vascons, ell prouvent qu'antérieurement à 58o les peupla alors désignées par ce nom étaient habi^uellemen en hostilité contre les Franks , qu'elles faisaient d fréquentes invasions dans la basse Novenipopu — lanie; que Chilpéric, soit depuis qu'il était roi, soi% avant de l'être, avait eu mainte occasion de combattre en personne ou par ses généraux contre ces mêmes peuplades. On voit par ces allusions que le principal office du duc frank stationné à Bordeaux était de contenir ou de repousser dans les mon^ tagnes ces tribus d'ennemis vagabond^ toujours prêtes à en- descendre les armes à la main.

Il faut seulement, si l'on veut conserver aux passages cités toute leur valeur historique, y prc?ndre le nom de Vascons dans la latitude qu'il avait <léjà, ou commençait certainement à avoir aux époques auxquelles se rapportent ces pçissages. Ainsi, il n'y a pas de doute que les allumions de Fortunat ne s'étendent à différents peuples des revers méridionaux des Pyrénée;5 et particulièrement, si l'on veut, aux Vascons espagnols.

D'un autre x^ôté il est certain qu'aux mêmes époques dont il s'agit, l'usage avait prévalu chez les Franks de donner collectivement aux monta-

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>^nards de la Novenipopulanie le noju de Vuscoi^s, ^t que le motif pour lequel on les nommait ainsi ftait de les caractériser, de les signaler pour des ëvoltés y pour des ennemis.

Tout indique , en effet,, que, dès le temps auqud i*ortunat fait allusion dans les pièces citées, les lautes vallées de la Novempopulanie s'étaient sous^^ raites à la domination franke et formaient une ou >lus d'une petite seigneurie indépendante sons des îhefs nés dans le pays. Tout annonce que ces chefs ivaient eu pour auxiliaires contre les dominateurs étrangers les Vascons d'outre les Pyrénées. Tout înfin porte à croire que c'était à raison de Tintermention 4iabituelle de ceux-ci dan;s les premiers soulèvements de la haute Novempopulanie contre [es Franks, que cette pai:tie de la contrée avait i^abord reçu le nom de Vasconie, qui, à la faveur du temps et des événements, s'était étendu à la centrée entière.

Je ne chercherai point à développer davantage ces conjectures ni à les fortifier de nouvelles raisons ; ce qui peut leur manquer encore d'autorité et de clarté ressortira, j'espère, des faits ulkérieui*s auxquels elles se rattachent comme des antécédents nécessaires. ^

Je reprends le. fil de ma narration par cette expédition de l'an 58 1 que j'annonçais tout à l'heure avoir été la première des Franks contre les Vascons , dont l'histoire fasse mention sous une date précise. C'est Grégoire de Tours qui en parle, et voici en

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