‹ Histoire de la Gaule méridionale sous la domination des conquérants Germains (volume 2)Chapitre 26 sur 51 · VASCONIE · texte numérisé non relu

VASCONIE

quels termes, a En 581, Bladaste, duc de Bordeaux, marcha en Vasconie, où il perdit la plus grande partie de son armée ^. m Ce récit, est sans doute beaucoup plus concis que l'on ne le souhaiterait; mais si laconique qu'il soit, il prouve qu'il y avait dès lors en Novempopulanie , o.u, comme il fai^dra dire par la suite, eu Vasconie, des populatioDë révoltées contre les Mérovingiens, et qui battaient quelquefois les commandants militaires <le la rive gauche de la Garonne que l'on envoyait contre elles. Après cette défaite du duc Bladaste, le premier événement dans lequel les Vascons entrent de nouveau pour quelque chose, c'est la conspiration de Gondovald. Un des ejffets momentanés de cette.conspiration fut d'enlever à Contran et a Ghildebert toute la partie basse de la Vasconie^^ c'est-à-dire la seule où l'on puisse croire qu'ils eussent quelque autorité. Les Gondovaldiens exterminée, les choses rentrèrent, en Vasconie, dans l'ordre où elles étaient auparavant. Envahi ^ar l'armée austro - burçondienne qui était venue y chercher Gondovald , c pays fut, dans, toute la propriété du terme, conquis de nouveau et remis de force sous la dominatioi^ mérovingienne.^ Toutefois les seu^s actes de Gon — tran et de Ghildebert que l'on puisse citer coipm^e des actes de souveraineté de ces deu^ rois, sur leui^ ^ parts respectives de la .Vasconie, ne sont ni noiiMh.breux ni bien concluants.

(i) Grcg. Tur. Hist. VI. i.!i.

INDÉPENDANTE. SCq

On se souviendra que Gondovald, dans le court intervalle de son règne, avait élu à révéché d'Ax un prélré nommé Faustien , en écartant de ce siège IVicetius, laïc j à qui le roi Chilpéric l'avait d'abord <lonné, peu de temps avant de mourir. Entré en possession de la ville d'Ax, <3ontran ôta l'évêché au prêtre pour le rendre au seigneur laïc. C'est tout ce que l'on sait de sbn gouvernement en Vasconie *.

On ù'eh sait guère plus de celui de Childebert. En 585, aussitôt après avoir recouvré ses villes d'Outre-Garonne, il en donna le commandement à un duc saxon nommé Childéric, qui, après avoir fait dans la conspiration Gondovaldienne, on ne sait trop quelle figure, s'en était retiré à temps ^ et avait trouvé un refuge à la cour d'Âustrasie. Mais ce commandement lui fut ôté dans. le courant de l'année 587 , et tout porte à soupçonner que ce fut pour de!s intrigues peu conformes à ses devoirs de duc. Il fut remplacé par un Gallo-romain , par En^uodius de Poitiers, qui était déjà duc de l'Aquitaine anstrasienne. Ennodius resta quelque temps sans aller prendre possession de son nouveau duché, et à peine y était-il établi qu'il reçut Tordre d'en sortir, et en sortit sans être remplacé; du moins o'est-il nulle part question ^e son successeur*.

(i) Greg. Tur. Hisl. VIIl. ixi.

(a) Id, VIIL 18.

SyO VASCOWIE

Ce sont là les dernières relations connues dos royaumes d'Austlrasie et de Bui^ndîe avec la Vasconie. Des relations si peu et si mal indiquées ne font rien présager de la révolution qui était sur le point de s'opérer dans ce dernier pays à la suite d'une descente des montagnards des Pyrénées, ou des Yascons, comme dit Grégoire de Tours, le seul historien qui parle de cette descente. Je traduirai littéralement les termes dans lesquels il en parle.

tf Les Vascons, dit-il, se précipitant des montait gnes (en 587) , descendent dans les plaines, dé- « vastent les v^nes et les champs, livrent les mai- « sons aux flammes et emmènent quelques prison- « niers et des troupeaux. Le duc Àustrovald marcha « plusieut*s fois contré eux, mais il n'en tira qu'une * faible vengeance *. »

Telle est l'invasion que la plu^rt des historiens modernes semblent prendre ^pour un fait unique et isolé dans son espèce, auquel ils rattachent, comme à sa cause immédiate , le fait de l'existence de 4t*33U!s vasGones ou basques dans les Pyrénées gauloises^ Quant à moi^ je ne puis voir dansce récit de Gn^oire de Tours rien d'exprès ni de sous-entehétt, rien d'explicite ni d'implicite, dont on puisse raisonnablement déduire l'hypothèse d'une conquête, c'èst-à-dira de l'occupation définitive, pai les envahisseurs, d'une partie quelconque du -territoire envahi, ni l'expulsion hors de ce territoire

(1) id, IX. 7.

INUÉPENDANTIi:. 37 1

<l'uue |l^opuIation ancienne par une population nouvelle.

Il est certain que l'invasion Vasçone dont il s'agit ne ftit pas la première de son eâj)èoè f et rien n'autorise à supposer <pi'elle (ut faite ni par^d'au très liommes ni par d'autfies motifs que les fH^écéden-*' tes. H parait seulement qu'elle s'exécuta aitec plus de concert et avec de plus grandes ibcces y qa'eUe s'étendit plus loin et laissa plus de .tracesque toutes ces dernières, qu'elle dut par ces raisoifiâ ^rnème contribuer à faire 'Oublia. Tout «of semble caractériser cette invasion couuue le résultat d'un grand effort national des peuples des Pyjrénée$<taot gaur loises qu'espagnoles contre .là dooiioation Iranke en Vascpnie, et je crois voâr^ dans les éyénémenta précédents, un motif de plus pour cespeu^les de tenter un pareil effort.

Il y avait •à peine deux ans que les Aus£ro^£urgdadiens étaient venus QuIrerGaDonne &ire la guerre è Condovald. JLâ vnûé catastrophe de oette guerre avait été l'exteimlnâtiân .d'une population de 4i(iôme «ace etde.méjasè^langtteiqu'eux. La ville capitale de cette populàtion.avait étéassiégée, elle avait été prise, et les vainqueui^ VL\yWMWX\mm ni. tia- être vivant , ni uue.pierre sur.r^iitre. Un tel événemeqti avait «^ (Céup sûr. &ii( dil-i bruit .dwf ioiiteiei:li^afi{c<ihte;.il AVait'dû y ;repdne'là ^wmvAt lion feankeiplus odieifse^-âicohej^'elte n'était; f\, si , oom me tout àultoriséy; obCf^ fOihm^, à^ rie cmi rQ ^ ii y avaut déjà alors dans. les ISÉauAes.parties du.pays

37'^ WSCONIE

quelque seigtieniie indépendante ou mal sftumise, 1 événement dont il s'agit donnait à cette seigneurie de nouveaux prétextes et de nouveaux moyens pour expulser les dominateurs étrangers. Je ne vois rien que de probable à supposer aux bandes armées descendues des Pyrénées, en S87, le désir de venger, sur les hommes romanisés de la plaine,. sujets des Franks, la catastrophe des Convenues, leurs voisîrfs et leurs frères.

Mais, quelles que soient les causes immédiates du fait, les' conséquences n'en sont pas douteuses et sont des plus importantes. A dater de 58$, tous les effets de la première conquête fra&ke en Yasconie cessent brusquement , et ce n'est qu'à la suite de nouvelles guerres et de -nouvelles conquêtes que les rois Franks reprennent, par intervalles de peu de durée, quelque autorité sur cette contrée. La lutte jusque là obscure, partielle et désordonnée des montagnards des Pyrénées contre les Franks, de* vient une lutte manifeste et régulière à laquelle la population romanisée delà Yasconie prend la même part que celle des montagnes, et qui, durant des siècles, se complique avec tous les grands événementsr du moyen-âge.

Ces observations générales, qui seront , je Tes^ père, justifiées par le développement prc^ressif des faits , suffiront pour constater dès. à présent que l'invasion vascone de 587, quelles qu'en aient été les circonstances particulières^ doit être considérée comme un événement faisant époque parmi les di-

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vér^s tentatives gallo-romaines pour i secouer ou ailier le joug de la conquête franke/

Ces tentatives avaient commencé chez les Arveriies par un soulèvement général du pays, provoqué par le gouverneur même de ce pays, par le duc Bazole. Un peu plus tard , l'opposition des Arvernes à la conquête s'était manifestée une seconde fois , bien que d'une manière équivoque et molle, dans l'intrigue d'Arcadius contre le roi Thierry; mais celui-ci, pour s'en venger, avait tellement dévasté, spolié et dépeuplé la malheureuse Arvernie, qu'elle ne donna plus depuis aucun signe d'énergie.

Surmontée en Auvergne, la résistance à la domination franke avait reculé vers l'intérieur de l'Aquitanie, jusqu^en Poitou et dans le Limousin, où elle éclata par la rébellion du jeune roi Chramne , fils de .Childebert. La force qui réprima cette rébellion n'étouffa point, dans les pays qui en avaient été le théâtre, une certaine impatience généreuse des maux et de l'oppression de la conquête. Mais , dan s les horribles guerres dont Chflpéric avait transporté le foyer au-delà de la Loire , tous les efforts des Aquitains pour améliorer leur condition s'étaient bornés à de fréquents changements de maîtres.

A l'époque de la conspiration de Gondovald, c'étaient la portion niéridionale de l'Aquitanîe , les contrées au-delà de la Dordogne , qui avaient pris sur elles la tâche de lutter pour l'indépendance gallo-romaine. Enfin, ces contrées pacifiées et req-^

374 YASGOiriE rJTDBPJBirDANTE.

dnes à la domiaaiion franke^ l'opposition à cette dernière avait reculé jusqu'au pied 4es Pyrénées; et c'est de là que iious la verrons refluer dh nouveau vmrs le Nord , jusqu'aux bords' de 1^ iioîre.

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