‹ Histoire de la Gaule méridionale sous la domination des conquérants Germains (volume 2)Chapitre 27 sur 51 · CHUTE ET SON SUPPLICE · texte numérisé non relu

CHUTE ET SON SUPPLICE

Après avoir tracé le tableau des guerres étrangères, des tentatives de conquête. des successeurs de Clotaire, postérieurement à l'année 585, il me reste à tracer celui des événements intérieurs à partir de la même époque. C'est à dessein que j'ai isolé, autant que cela se pouvait, ces deux tableaux l'un de l'autre. Il m'a semblé que chacun en pourrait être plus net et plus rapide.

La conspiration concertée au nom de Gondovald avait rendu les leudes franks plus suspects que jamais à leurs chefs royaux , et rien n'était plus naturel. Des trois fils de Clotaire alors régnants, il n'y en avait pas un qui, dans cette crise, n'eût été trahi par ses plus puissants officiers, et chacune des traliisonç alors consommées avait été le germe de tra* hisons subséquentes.

H est peul-être singulier que, des trois royaumes

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franks , ce soit celui de Neustrie, gouverné par un^ femme, où l'histoire signale le moins de leudes infidèles dans la période que j'ai en vue (de 58S à 600). Les ducs Didier et Beppolène, en recoim* naissant la souveraineté immédiate de Gontrait , avaient fait, et, selon toute apparence, voulu faire un acte d'hostilité contre Frédégonde; ils avaient trahi leur roi mineur, Clotaire II; mais leur trahison était jusqu'à un certain point couverte par le titre de tuteur de ce roi, dont s aulorisait leur second seigneur.

Les conséquences de la conspiration avaient été bien plus graves pour Contran que pour Frédégonde. C'était opntrf lui quelesconspirateursavaient, particulièrenient dirigé leurs tentatives; c'était lui qu'avaient touché les défections les plus signalées ; il s'était vu trahi à la fois par un patriçe qu'il avait comblé de biens, par les principaux de ses ducs et de ses comtes , germains ou gallo-romains indistinctement, par plusieurs des évéques de la Burgondie et par presque tous ceux de l'Aquitaine. Aussi, à son retour de Neustrie dans son royaume, eîLerça-t-îl maintes rigueurs, qui n'étaient que la suite et le complément des mesures qu'il avait déjà prises à Orléans et à Paris pour la punition des instigateurs de Gondôvald.

Son début à Chàlons fut de faire cerner par des hommes armés la maison d'un de ses leudes, nommé Boante, qui lui avait toujours été infidèle, dit Grégoire de Tours, et qui, ayant été pris,fii

égorgé sur |a place , sans autre forme d'accusatiqn Mii de jugement^.

Aux précautions qu'il prit dès loi*s pour se garder, on est tenté de croire qu'il n'était guère plus ^n sûreté dans sa capitale et au milieu de ses pro-^ ^res sujets qu'il ne l'avait été quelques mois auparavant à Paris y parmi les leudes neustriens^ quand âl les priait de ne pas le tuer avant trois ans. Il ne marchait plus qu'entouré de gardes et n'était abor- -dable qu'à l'église , où il semble qu'il n'osait introduire une escorte armée. Aussi y eût-il à l'église même une tentative pour l'assassiner, tentative k la vsuite de laquelle furent arrêtées beaucoup de | personnes, dont plusieurs subirent la- peine ca*> pitale*.

Mais c'était en Austrasie, c'est-à-^dire là même où elles avaient commencé , que ces défiances, ces ja«» lousies et ces hostilités réciproques des leudes et des rois continuaient à se développer avec éqergie, avec suite et en grand. Brunehaut, comme nous Savons vu , avait mal réussi dans ses premiers efforts pour gouvernei* au nom del »Qn fils mineur. Si, dans certains moments, elle était parvenue à saisir^ comme par surprise, un peu de pouvoir j Iç parti des leudes n'avait pas tardé à l'emporter de nouveau. Les restes de .mœurs et de liberté germani-r

(i) Cabillonum regressm, jussit Boantum, qui sibi semper fuerat inndelis, gladio percuti, qui vallatus in domo sua, ab homi-: nibus régis peremptus interiit. Hislor. VIII. 11.

(-2) Id. IX. 3.

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ques qui persistaient en Âustrasie y balançaiea t: encore fortement ^ du moins par intervalles^ le pouvoir royal.

Un plaid tenu par Cliildebert à Bekonac , au milieu <les Ardennes, a tout l'air ^ pai* la nature et la variété des décisions qui y furent prises, d'avoir été un véritable champ de Mars. Le fameux Gootran-^Boz(Hi, dont j'ai parlé si souvent, y comparut^ sommié de se justifier d'un fait qui couronna dignement tons les actes de sa vie passée. Une des parentes de sa femme était morte à Metz et avait été enterrée dans l'église avec une grande quantité d'or et de bijoux, selon Tusage des Fraiiks de distinction. Bozon envoya des hçmmes pour la déterrer et retirer de son tombeau tout ce qui y avait été enfoui de précieux. Ses hommes obéirent (idèlementi Ils venaient d'ouvrir la tombe désignée; ils achevaient de la fouiller et de la dépouiller/ lorsqu'ils ftirent surpris, arrêtés et obligés de dénoncer celui dont ils tenaient leur commission. Au lieu de répondre à ses accusateurs, Gontran-Bozon s'évada du plaid; mais nou^ te retrouverons tout à l'heure sur les voies de Brunehaut.

C'est surtout à raison de la figure que fit celle-ci au plaid de Belzonac que ce plaid fut remarquable et que j'en parle ici. On y vit la fière reine, humble et douce devant les leudes austrasiens , s'efforcer d^ les attendrir sur les malheurs de sa fille Ingunde. C'était le moment où l'époux de celle-ci, Uernienegildc , venait d'être condamné à hiort par

ET brukëuaut. 3^79

roi Leuvîgilde^ soa père, et où, pi'isonnière des recs en Afrique et séparée de tous les siens , Inmde eUe-méme semblait déjà destinée à la fin isérable qu'elle fit bientôt après. On ne Ycnt pas airement en quoi Brunehaut avait besoin des odes austrasiens pour sa fille , ni ce qu'elle leur smândatt. Quoi que ce fut , elle fut refosée et délit l'être *.

Maïs ce refus était le dernier qu'elle avait à subir e la part des chefs austrasâens. Waiidelin qui, >us le titre de gouverneur du roi Childebert, mit Hdxercé jusque là uiie iKHine part de l'autorité )yftle, mourut peu de' mois àprè^ et né fut pas ^mplacé. Brunehaut se trouvait poitr lors en silîation dé déclarer et déclara qu'elle voulait et allât étrio désomiais la ^uvernante de son fils; et lhildeberi,t alors ^rs sa quinzieibe année, déjà apalile de.oomprendre quelque chose aux leçons le sa mère sur la nature at l'usage de l'autorité lonardiique, était oij^ue peut mieux disposé à les oùler et à les suivre*.

Le meurtre de Magnovald fut comme le signal lu pouvoir nouveau auquel les leudos d'Austrasie liaient avoir affaire; On ne Mit point quels étaient e titre et les fonctions de Magnovald ; il parait leulement que c'était un des grands officiers du valais- de Cbiidehert. Dire qu'on le tua ne serait

(i) Id. lX.?.r.

(2) Id. Ihifi, 22

38o FRÉDKGONDE

rien dire; resseutiel est de savoir commeat. Childebert était à une fenêtre de son palais , regardant de là je ne sais quel pauvre animal ^ entouré d'un cercle de chiens qui le harcelaient, prêts à le dé-r vorer. On envoya chercher Magnovald, comme pour prendre part au divertissement royal; Ma^* gnovald vint, ne nioupçonnant rien de sinistre, se mit comme les autres à regarder par la fenêtre et à rire à gorge déployée des transes de l'animal en péril. Là-<lessus un homme du palais , qui avait sa consigne et guettait Magnovald, s'approche de lui par-derrière , lui fend la tête d'un coup de ha« che, et jette le cadavre par la fenêtre au& chiens du spectacle*. ^

Personne ne snt pourquoi Magnovald avait été traité de la sorte; quelques-uns soupçonnèrent que ce fut en punition d'avoir tué sa première femme, ^ afin d'épouser la veuve de son frère. Mais ce n'-était^ pas pour ces choses-là que les rois se brouillaient^ avec leurs leudes ou du moins qu'ils leur faisaient fendre la tête à coups de hache *.

Pour tous les Âustrasiens qui, durant la minorité de Childebert, avaient offensé Brunehaut,te sor^ de Magnovald était un avertissement de se tenir su v leurs gardes. Gontran-Bozon était le plus exposa de tous , à cause de l'accusation portée contre IkMÎ au plaid de Belzonac ; aussi sa mortr était-elle déjà

(i) Id. VIII. 36.

(») Id, loc. fil. J

ET brunkhà:u.t. 38 1

T^ésollie. B02011 le soupçonnait et se mit à visiter

J.^'un après l'autre tous les évéques et les leudes en

laveur, les suppliant d'intercéder pour lui auprès

<3e Childebert et de sa mère. Agéricus, évéque de

"Verdun, fut le seul qui, en sa qualité de parrain

<du roi, se crut assez de crédit pour oser lui de-

xnander ia grçice du proscrit. Childebert, ne voulant

2>as se donner l'apparence de refuser quelque chose

« Agericus^ s'en remit au roi Contran du sort de

ïozon , et obligea celuiKîi à comparaître à l'assem--

l>lée d'Andelot, dont la texiue était dès lors fixée à

Tin tefme prochain f .

Après Gontran^-Bozon 9 les deux leudes austrasiens qui avaient le plus à craindre de la réaction royale contre, leur ordre , étaient Ursio et Berkte-^ fried,Ies deux mêmes qui, àl'instigation d'^^idius, évéque de Reims ^ avaient autrefois chassé de son poste le duc de Champagne, Lupus, Tami de Brunehaut et le chef de^son parti. Mais ces deux hommes ne manquaient ni de tête ni jde courage; ils résolurent non-seulement de se défendre, mais de prendre roffensive contre le pouvoir qui les me^ naçàit. Us s'unirent à Raukîng , duc de Champagne, qui avait' ses raisons personnelles de redouter les vengeances royales, et ourdirent avec lui un complot de$ plus hardis.

U ne s'agissait de rien moins que de s'entendre avec Frédégonde pour bouleverser l'empire frank ;

(i) id. IX. s.

38a FRKDJ^GOBiDC

on devak tiier Bruneliaut et Childebert et partager ensuite l'Austrasie en deux royaumes , doot l'un, pf^nant le nom de royaume de Chait^gne^ serait donne à Théodebert, fils sAxié de Childebert , sous la tutelle de Raukîng. Le second, conserrapl:, selon tovte apparence le nom d'Âustrasie, devait être assigné à Thierry ^ le second fils de Châdebert, sous la tutelle indivise de Berktefried et d'Ursio ^.

Déjà Rauking^ sous prétexta d'une eonférettce awc le gouvernement de Neustrie^pour régler des points en débat sur les limites des deti^x États, était convenu de tout avec les agents de Fréd)^|onde. Déjà même il s'était mis en route pc^r la cour de Childebert, afin de donner de là le branle aux choses concertées; mais il était trop tard. Le rot Gontran avait été, l'histôirâ ne dit ni par qui ni counniept, informé de tout; il en avait atissîlôt donné avis à ^iklebeit et celui-K^i étaii déjà sur ses gardés;

Atfuking arrive à Metz , ne se doutant dé rien ; Qhildebept l'introduit dans ^a ohanfbre «t s^ent tient quelques moments avec lui die dioses indiffé rentes, s^rèsquoi il le renvèie. Mais ses ordre étaient donnés; deux iiommes apcstés à 6a>port attendent Raoking, ie saisis8ei>t bnisquepient ofaaèufi par une jambe, ^et le. font tomber slir 1 ventre, les pieds dans la chambre. ^t là' tlétie pei dante en dehors sur ies marches d'iin espalier. AJor deux autres hommes, qui avaient été de mêni

(i) /r/. IX. ij.

ET BRUWEHAUT. 383

230Stés OÙ il ihlluit, accourent sur lui l'épée à la smain et lui hachent horriblement le crâne. Quand ils ont fini, ils dépouillent le cadavre, et sans autre ^^érémonie le jettent par une fenêtre du palais dans la rue *.

Cependant Berktefried et Ursio, ne sachant rien

<ie tout cela , remplissaient exactement leur part de

la tâche commune et arrivaient à grandes journées,

^vec une armée composée de leurs forces réunies.

lifais à la fin , informés de la tragique catastrophe

de leur complice, au lieu de continuer leur marche

sur Metz,, ils retournent sur leurs pas et vont, avec

la partie la plqs dévouée de leurs troupes, se réfu«n

gier à Vabres, sur la lisière orientale des Àrdenne»'.

Brunehaut et diildebert ne songèrent pas pour le

moment à les poursuivre; le temps fixé pour la

tenue du fameux plai4 d'Andelot était arrivé, et ils

s'y rendirent.

Il q'y a rien dans les articles du traité d'Andelot qui^oit expressément relatif aux leudes traîtres ou rebelles; mais il est plus que probable que, dans les conférences auxquelles ce traité donna lieii, Bruxiehaut et les d^ux rois s'encouragèrent réciproquement, à réprimer avec vigueur toute opposition à leur gouvernement, et les coups d'autorité royale qui suivirent immédiatement la conclusion de ce traité c^t bien l'air d'en ^voir été une consé-

(i) Id. loc. cit.

(i) Jd. loc. cir.

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quence. Cela est sûr de la mort de Gontran-Bozon en particulier. La sentence déjà'pôftlée contre lui dans la pensée de Brunéhaut fat hautement prononcée par le roi Contran, qui prit même, à ce qu'il parait, sur lui Tembarras de la faire exécuter*. •

Il y â presque toujours dans lé mode d'exécution de ces sortes de sentenries quelque incident extraordinaire, encore plus sombre qu'elles, et qui attesté encore mieux toute la violence des querelles dont elles étaient le dénouement. Bozon était venu au plaid d'Andelot, comme il y avaif été contraint; il n'eut pas plutôt connaissatice dé I*arrêt prononcé contre lui qu'il courut à la>demèure d'un évéque, nommé Magneric, écarta tous ses clercs, tous ses serviteurs, et, le tenant seul, s'enferma avec lui et lui tint ce discours : « Bienheureux prêtre, je « me réfugie auprès de toi pour échapper à la mort; « les hommes chargés de me tuer sont déjà à la a porte. Je sais que tu es en grand crédit auprès de « nos rois; tu peux me sauver. Situ ne le fais, sache a que mon parti est pris dé te tuer et de me préci- « piter ensuite ddiors pour ime faire tuer. Ainsi « donc, charge-toi d'obtenir mon pardon, ou mou^ a ronstousles deux..» Et en prononçant ces parolesil tenait son épée nue à la main '. '

Déjà en effet des hommes armés étaient à la porte* L'évêque était on ne peut plus troublé; il demandais

(i) Id. IX. lo.

(a) Id, loc. cit.

BT BRUNEHâUT. 385

ù sortir, promettant de se rendre auprès des deux rois et d'intercéder pour Bozon ; mais celui-ci ne se fiait point à cette promesse et voulait qu'au lieu de se rendre en personne auprès de Contran, l'çvêquo y envoyât un de ses clercs. Informé de la fuite de Bozon chez Magnéric et les croyant tous deux d accord, le roi Contran ordonne de mettre le feu à Thabilation épiscopale^ en disant : (c Que « l'évéque sorte ou qu'il soit brûlé avec l'autre^, » L'ordre s'exécute à l'instant, et déjà la flamme s'élève autour de la demeure de l'évéque; les clercs et les s-^'vitejars de celui-ci, alarmés pour sa vie, brisent les portes, se précipitent dans la maison et en retireqt leur maître de force,. Bozon, qui voit les flaïnmes prêtes à l'atteindre, s'élance.de son côté hors de l'incendie; mais il est aussitôt atteint au front d'un coup de lance. Etourdi et vacillant du coup> il porte la main à la garde de son épée; mais avant de l'avoir tirée, il est percé de tous côtés de tant.de laqces et de traits que, déjà mort, il est un moment retenu debout*.

Bozpn mort et l'assemblée d'Ândelot dissoute, le premier acte de ChildeJbert fut d'envoyer contre Ursio et Berktefried une armée commandée par Godegèsile^ Le lieu où les rebelles sfétaient rétirés n'était pas proprement une forteresse, mais .un poste

(i) Injicîte ignem in domum, et si exîre nequiverit episcopus, pariter coiicremenlur. !oc. cit.

(2) Td. loc. cit.

386 FH^DÉGOIYDE

fortifié par la nature même, sur une moqtagne escarpée, au sommet de laquelle s'élevait une égKse en l'honneur de saint Martin. Cette église, lesdeux rebelles l'avaient prise pour demeure et pour asile, eux, leurs familles et leurs hommes armé». La force envoyée contre eux commence par dévaster ou brûler, chemin faisant, toutes les terres et tous les Keux qui leur appartenaient. Arrivée à la montagne de Vabres, elle gravit jusqu'à l'église qui en couronne le sommet et l'entoure de tous côtés. Les assiégés ne se rendant pas, les assiégeants s'apprêtent à brûler les portes de Téglise; mais Ursto Èe précipite alors, l'épée a la main, sur la foule environnante, et en fait un grand carnage, jusqu'au moment où il tombe blessé à la cuisse et bientôt pereé de mirlle coups ^.

llrsio était le plus redoutable et le plus abhorre des deux rebelles, de sorte que Godegesile, le voyant mort, regarda son expédition comme terminée et laissa s'échapper Berktefried 9 qui prit au g^op de son cheval la route de Verdun, songeant à se réfugier dans réglise de cette ville; mais Childeberl, informé, de son évasion, en £at courroucé outre mesure et menaça de s'en venger sur la tête de Godegesile. GeluiK^L courut alors bien vite à Verdun compléter la justice royale^.

Des hommes puissants qui avaient autrefois^

(1) Id. IX. 12.

{%) Jti. locL cit.

ET BRUNEHAllT. 387

V l'oublé le royaume d'Austrasie el offensé Brufïe- S^aut 9 il étt i^estait encore un à punir^ el c'était hs hef de tous les autres. C'était Tévêque yEgidii)ë';[ Tiais sa qualité d'évêque le rendait plus difficile U rapper, et Thutnilité avec laquelle iï demanda gralbe, es i-iches préseùts dont il accompâgfiâP ses^ protéfsatioûs de fidélité pour ^avenir, lui Tâlufént iitt 'éprît de troiis ans. Ce fut seulement en 5CfO c^ù'H fat rrêté , amené à Metz et livré à un concile qui te z^ondamna , pour ses anciennes intrigties avec CÎhi!érîc , à être déposé, dégradé et envoyé en éXÙ à ^Strasbourg *.

La rigueut avec laquelle Briniehaut fsdtsait poui-

^suivre les awcien nés conspirations était faite pocn*

-'^n provoquer de nouvelles; ilyeneutuné,trafmié^

^4c3ans Tintérieur itiême du pahtis, piér Tes principànt

^^fficîers , et piîncipaleihent dirigée contre elle. Lé

^mt des conspiratettt-s était de foitïer le roi à écârtefr

^^a mère d'auprès de lui, ou, s'il persistait à la retetoîl-,

^e le détrôner lui-même. Cette conspiration , délivré

^Tîoitltoeà dupala^ , qui tie pouvâiîent igtlofer d*oii

jDaitjtii^tlt les coup^ qui tombaient de toutes pàtH

^^ur feurs^ pài*eils, prouvé bien que c'était à B^d*

^jehÉÉut phiÈ qu'au roi que Ton s(*eii prenait dfe Ik

Soililegësilé , Côtttte de TEtarblé, GàflomàgAii^ '•^éféréttéfaire, et Droklulfe, gouviernen^ des Rh dé <3iildébérf, étàieiW les principàttt àMem-s dir ccrtti-

(i) fd. X. 19.

388 FR]^.DÉCONDE

plot. Us lie furent d'abord punis que par Fexil et par la confîscation de leurs biens ; mais on ne tarda pas à reprendre les poursuites , et cette fois elles furent atroces^.

La réaction du pouvoir royal contre les leudes austrasiens ne se borna pas à ces disgrâces éclatantes des plus puissants ou des plus téméraires d'entre eux; la plupart étaient suspects; plusieurs furen destitués, beaucoup s'enfuirent dans d'autres pays= la classe entière était frappée.

Brunehaut semblait donc avoir réussi dans le plu sérieux de ses projets, celui de mettre enfin le pou voir monarchique hors de l'atteinte de ces leude indisciplinés, de ces fiers Germains dont chacu

aspirait à être roi dans son office ou dans sa terrer . Mais il y. avait un autre point qui lui importait aixtant que celui-là et sur lequel l'accomplis^emer^ f de ses vues dépendait moins d'elle-même et devait rencontrer plus d'obstacles; c'était l'abaissement de Frédégonde et de la Neustrie.

Peut-être le temps aurait-il calmé les anciens ressentiments de &*unehaut contrée la veuve de Cbilpéric; mais celle-ci faisait tout ce qui dépendait ) d'elle pour en entretenir la vivacité. En 584> près- H que aussitôt après la mort de Chilpéric, elle avait m envoyé à labour d'Austrasie un clerc qui lui était dévoué, ^vec la commission de tuer Brunehaut, 'n sans autre motif plus urgent ou mieux connu que

(0 j(/,x. Bs.

liT BRUNEHAUT. SSç

le dépit die se trouver un peu déchue de son pou* voir par la suite de la mort de son époux , et de voir son ennemie dans une situation qu'elle estimait plus prospère que la siemie. Le complot avait été découvert à temps, et Brunehaut s'était contentée de renvoyer a Frédégonde le clerc qui lui était venu de sa part ^.

Un an après, lorsque Brunehaut s'était haute* ment proclamée la gouvernante de son fils, Fréd^ gonde en avait eu contre elle un nouvel accès d^ fureur. Elle avait fait fabriquer deux poignards empoisonnés avec un soin tout particulier, et en avait armé deux clercs, dont l'un devait frapper Childebert, l'autre sa mère^. Ce nouveau complot avait avorté comme le. premier; mais les vieilles haines entre lies chefs de TAustrasie et ceux de la Neu»* trie s'en étaient accrues, et partant les dianbes de guerre entre les deux royaumes.

De peu s'en fallut que cette guerre n'éplatàt en 591, à propos d'une action de Frédégonde qui faillit à lui devenir funeste. Le fkit mérite d'être rapporté , comme un trait de plus pour montrer quelle étonnante barbarie il y avait encore dans les relations des rois franks avec leurs sujets germa* niques , là surtout où ceux-ci étaient nombreux.

Un Erank de Tournai, qui avait épousé une fille franke de la même ville, ne laissait pas pour cela

(i) Id. Yll. 10.

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