‹ Histoire de la Gaule méridionale sous la domination des conquérants Germains (volume 2)Chapitre 30 sur 51 · II · texte numérisé non relu

II

4l8 MONARCHIE FRANKE

Quant à la Burgondie^ ce fut bien pis : ce fut une \raie révolution qui s'y fit à la chute de Brunehaut. Le parti germanique^ j^W{90 là assez bien contenu par l'autorité royale, y devint tout à coup prépondéranty et > coanna nou^a^ood yoÎTf Qiiy«rtm»ciit hostile aux mananques fraaks^.jl'aidit i^qipal prix Waraakaire avait vendu à.Clataice U la yi^ d# ^funeliaut et des enfants de Thierry , et jQOQUO^t il avait exigé du roi dé Neustrie le serment de n'être point dëpottîHé dmwon vivant de tadi§nttéik atfire du pakM de btti^cMidie. Or> Mtui- cotoipaiaii et Glolflira ^tiitypàr le flûtyl'abBëil^^^ d'wamfui du pouvoir royal. D'un^mutre 6^té> il est plna qai pitdi>ahle qoe Wanudcatre^'ohtintpia ttù fanMigt ai nouveau ama fiûtê . hiinaétae » dea ooMoeaiiOBi innsitéM' à i'indiioipliiie v Ji l'avarice et à>raBil»» tion des autres chefs iMergondiana.

Auisi cet ciiefs ne tardèreotnla peaàihitifiiter par deaaoteè ce aiircrotfc de fonce qu^Ua liaMMtf de conquérir à la dernière .révakilioki»€!kitairi oomprentttt bien-qwe i^uniqu» mâniàro d'établir aon «pouvoir dani leer pa^ëfeit dfy^lnvo^r du officiers de aon choix féur^le- goavwyier'Mi.aoe nom. t)èa6iS, isunédiaieoieiiA aprèe atvnîr M leconnu roi des Butyondea, îl-idunatt poiir idMc da h Bucgondie ttfansjurane un Fmak neiutriea, *p» mé Herpon^» 11 est probable qu'Bndelfui.» qui avait occupé oe poste sous Bru whaut , v^nait-de mou*

(i) Fredeg. ChroB. Xtlli

iOUS J>AOOBBAT. 4^9

rit ail mDmtnt de recueillir la réeoitipenM de sa trtliiieo. Herpon se rendit, au plus yite dans aon ducâbéf où ii ùiAf kàe que Ton peut>croirt, Ttçit paîiiblcloient ; maiÉl lapnmiere oecasionqui af piiemtod'enrœp tùn autorité^ il yeut ccmtre lui un «CwLèrôwent'popiilaire daiii, lequel il fut maasaci^. Lfi deuEÎiittigateort inmukliats de œ soulèvenent éliiiefit l'4*i^6que Leudemotid et le ooipte Herpon, nfiîéê oil enocmragéà i'uniet l'autre' par le patriee Aléthëe*.

. ;42^bée j|e s'en tint pat à ee premier aefe dliostiOM dOQtre le monarque fmnk ; il ne mMifait rien rncàuB fÀ te que J'on peut déduire 4'un rëdt mai*lienffeuaemeiit'trop obiçur de Frédégaire, que de ie ùim roi (ie Burgondie, du vivant ménoïe de CIo^ ieîM^et a'iétait flatté, on ne voit payeur quelle ap«> pwenoei d'attirer à ses intérêts l'épouse de eelui^ kMliieBm*tjri|de^* U est sûr du moms que Tévéque ieMknsopd fut son agent dans oètte intrigue mys*» léridruse 9 f^tni^e il, l'avail été dan» le mouVemeiit sé^Hifus dirigé mntre le éap flerpon. Clotaire ap;^ prit de ces menées hostiles tout ce qu'il afait be^ soin d'ei» savoir poiur w être fort irrité et pour lé^ottdft h jJKQft 4'Aléthée* Il l'attira adroitemeoÉ^ sons jé;ne sm qu4 prétexte, k Masaoiae^ Tune des

lépiwinei royiilea, et l'y^fit tuer sans cépémonie^.

(i) Id. loc. cit.

(a) Id. XLIV.

(3) Jef. Iqg. cit.

430 MOITARGHII FRAlf KE

> On ne sait point ce qui se passa en 6r6 à Bo^ neuil 9 où Qotaire reçut en audience solennidle les évéques et les seigneurs de la Burgondie^ présidés par leur maire Wamakaire. L'histoire se borne à dire que le roi y fit droit à leurs justes d^nandes et les confirma par des préc^tions, c'est-àndire par des ordres écrits. Il n'y i| point de'témëritëà présumer que ces ordres assurèrent 'aux leudes Buf|[ondien& de nouveaux priYiléges qu'il n'eût? pas été facile de leur refuser*.

Wamakaire mourut en 6116, et les seigneurs burgondiens^ bien qu'ils l'eussent trouvée phs complaisant que n'eût pu l'être un roi ^ -yûmi néanmoins de voir un des leurs si fort 'au-dessus d'eux y saisirent avidement l'occasion de rentrer dans leur égalité première. Quand CSôtaire leur proposa de se choisir un nouveau maire , ils déchr rèrent à l'unanimité n'en vouloir plus^ et réciamèrent, chacun pour soi, l'honneur de traiter immédiatement avec le roi de Neustrie; c'était m fond demander un surcroît d'indépendance , et ils l'obtinrent^.

Les résistances que Clotaire rencontra en Austrasie sont un peu moins connues, mais ne ib* rent probablement pas moindres- que celles qn'il éprouva de la part des Burgondes. Dès la ptevtàèn année de sa monarchie ^ il se rendit dans une des

(i) Id, loc. cit.

(2) Id. Chronîc. LIV.

: SOUS DAGOB£AT« 431

maisons royales d'Austrasie, comme pour y faire acte de souverain; Cet acte royal fîit d^égorger par le glaive beaucoup d'hommes qui se compcMtaient injustepient ^ dit.Frédégaire avec sa précision et sa clarté ordinaires ^. Il y a gi'ande apparence que ces hommes qui se comportaient si mal étaient des leudes qui usaient de la liberté qu'ils venaient de conquérir sur Brunehaut.

Ce fut probablement par un^ mesure dç politique et pour mieux contenir les indociles Austra^ siens queQotaire envoya son fils Dagobert régner à Metz, sous la direction du vijsux Pépin , qui lui fut donné pour maire du palais^. Mais pour ne pas ripmpre tout-à-fait l'unité actuelle de la monarchie , en rétablissant .le royaume d'Austrasie, au lieu de le rétablir dans ses anciennes limites, il en retint près de la moitié sous son gouvernement immédiat Ces précautions n'aboutir,ent à rien.; les Austrasiens ne voulurent pas d'un nouveau royaume d'Austrasie moios étendu et moins puissant que l'ancien, ni d^un royaume de Neustrie accru aux dépens du premier. Leur opposition à Clotaîre, prenant dès lors uneapparence patriotique , se concentra dans le but de, Ssdre restituer à TAustrasie lout.ce qui en avait Eadt , autrefois partie^ Le démêlé fut grave et long, mais les , Austrasiens l'emportèrent; ils finirent par

(i) Pacem sectatus, multos inique agentat gU^dio trncidavil*

Chronic. XLIIL

(a) Id. XLVII. G«8ta Dagobwrti. XIV. . ,

4^3 MOHAftCKIl PRAHILE

recouvrdf l'intëgritë de leur territoire ; à Texception seulement de leurs parts de la Présence et de TAquitaine. Ce débat terminé, la lutte eittre kis deux forces ennemies reprit sota allure ordinaire , et le résultat n'en fut pas favorable à Clotaire 11^ Ce roi mourut en 6^Sj laissant les leudes de sôneinpire plus forts et plus turbulents qu'il ne les avait trouvés*.

Clotairell laissait deux fils, Dagobert, Tàlné, d%e viril et déj& depuis huit ans roi d'Austrasie, et Cfaa* ribert, qu'il avait eu d'une seconde femme, nomm^ Siehilde , lequel ne pouvait guère avoir alors plus de neuf ou d^x ans.

/ En apprenant la mort de son père, Eiagobert en* voya aussitôt aux leudes de Neustrieet-de Burgondie l'ordre de se réunir à Soissons, tandis qu'il prenait lui-même la route de cette ville avec les Austrasiens. Son dessein était de se faire proclamer roi par les officiers des trois royaumes franks, sans tenircompte des droits de son frère Charibert^ Char9)èrt avaitde son c6té'le même projet et visait à s'emparer delà Gaule, à Texclusion de Dagobert. Il était fins naturel, moins barbare aux héritiers de Tempire frank, de se le disputer ainsi une fois tout entier, à leur avènement, que de chercher sans rtHnAe, comme l'avaient fait les fils de Clovis et du premier Clotaire, à s'en arracher les lambeaux, après des p artQges capricieux.

(i) Id. LIIL LVI.

Du weimy las ehât^sra dt mcoài étaient km di'Atre égplet enin les deux^ Mrm* Ovàn Ifamtagt qu'«p frft ftyihurt d^Mre aotudltpMHtit an ponainiion dm fàfrÊÊBÊ'àèVàxàÉbmÊief^pûnt^dm^ W&rM

royaumes , il remportait de beaucoup sur Choiibwt

nt mpénanoa M/en i$ifnL U fanlt dit imîm, à fnéiquts Aots dts plus .racitM ckvoiikiiMrtiiw «u

aiQfl dft M deniiar9 411e e'était ii»4^^^^ b<w|iqa lin» iiguatir d*wpiât et dKi'«Mwtéiiu U <^»t méma donfeia» qoa l'aaibitiMi.^u'Ufit ymftkfm^^hi^u h MMoe; il y a plun d'apparo^Muqur'A ive voulut 4^ {i?«ii&rf prit riau qu'à Tîu^tigatiaii da Brpdulfe^ son onda^ oMt^rnaly banunada bravouM atda ci^^çU^ qu» #lt dans toitia aatta ^jiiarelk aou mrmHUw ^

Les Burgondiani «t ias littatfMÎaof paap<iPiiraPt sMa #opt«statioii Oagob^ pouir «ipî^ .11 19a tr4)iiva pMila méitia uaapmité i^M» J4a CM^iwa» 9r^ dulfeayMtfiitt parmi eiix uo parti àiZIiavibart) iwîf oapi^siiaamlMit a&Dagobart fimt pai^a'^amparar d»k {latiitria* Toutafois SroduMl nlnbamiwti^ PM kliaMiaa da ami ua^^tt; Q ta patiro dans è^quitaioa wéridiomla^ ou U Ait; si J^ian aoutam» 4|ii'il poa)« tra^foit iPa^obert à tnîiar ai^io»jaiiRafMra* J« ri^à^odmi aiUlaifei €a point pav^auliar daTbûHiHfia

(i) Charib^rttig nitebatnr» iî |jpmiiiji| iijaaiiWHliiapilfrP|.ff4 eJQs Tolontas pro simplicité pamm sortitur effecluin. Fredeg» ChroQ, LVI. i.- .1

• ■ - fc ■ r

4^4 MOBTAaCHIB . FIUUIKE

la biographie de Dagdhert, mais le tableau^dea faits de-80n régne qui 8erattKdient;aux:poiqli' de vue MUS lequel j'^rvisige prni<^palemeBt rUitonie des oDuquétee ^et d^ la dcNimiatioDidee Fntuka d«n-la Gaule.

De tous les roisinétoviiigieus,Ikigobeit est celui dans les actes ducpiel perce arec le plus de suite ètd^énfergie TintMiliofa de feiredek royauté frAnke tm jk>uVGir social et replier, et de réduite tes leudes à n'être qtoe k^ sigeîits dociles de ce pdtm>l^ C'est èe qu'un vieux biogiraphe de Dtfgc^vt^étltlidu- Aiasle half de son héros, a exprimé k îsà ipanière, « en dinaùt de lui qu'il' était doux pour les ïAtfo- € intentionnés et tes fidtèleft, tilnpiblé aux rèbd^ a et aux perfides ; bénin pour les Bokfs ^ niais -un « lion ardent pour les indociles ^ »

te début de sbtr règne en est le fiât le plus"^ ractéristique et le plus gravé; avant dfe s'étàblir^ur le lr6ne , il résolut de parcourir ses 'EiMs|iiMr y ^iire

<ce que Ton pourrait appeler une eipédîtioii deju^tî- (cier. U ne voulait rien'moii^Sy àcéqu^lpHratt; que les délivrer de tous Wleudes qtn les avaient tromblés sous le dernier r^e ou prouvaient' lés -troublsr isous le nouveau. La Burgondie étant \* pour • le moment, celui des trcm royaumes oà lei faoïtitiiea puis* gants s'étaient le plus compiéMmeM 'tffhaiioysde l'autorité monarchique ; ce fut par celui-là qu'il commeDça'8a4Dunié#i^alei • i .

(i)6efUl>q^XXm.

sous DAGOB£|lT« 4^^

« Dagobert entra en Burgondie^ dit Frédégaire, « et son arrivée y frappa d'une si grande terreur les «évéque&y les grands et les autres leudes, que c'é- « tait merveille pour tous ; mais il combla les pau- « vres d'une grande joie par la justice qu'il leur «c rendit. Étant ensuite entré dans la cité de Langres, « il jugea si équitablement tous ses leudes, tant les « puissants que les pauvres , et tellement sans accep- «tion de personnes et de récoinpensesy qu'il se a rendit par-là , comme bien peut-on croire, fort « agréable à Dieu. De là il passa à. Dijon let à Losne, ce où il s'appliqua àrendre la justice à tout le monde, «r si bien qu'il n'en mangeait ni dormait. Le même «jour qu'il partit de Losne pour Châlons, étant « entré au bain avant le jour, il fit occire l'oncle de « son frère Charibert^ Brodulfe, lequel fut tué par « l^s ducs Âmalgair^ et Arnebert, et par le.patrice « Willibald ^. »

Si oe passage avait besoin de commentaire, le trait par lequel il se termineen serait un fort dair.On voit nettement , dans toute cette expédition judiciaire de Dagobert, le dessein énergique et formel d'être populaire et juste pour tous , surtout pour les faibles, et de se venger de ceux des forts qui, comme Brodulfe, avaient osé lutter contre lui ou s'étaient signalés par des violences.

L'année suivante il parcourut de même l'Âu»trasie en appareil royal. Les chroiiiques ne disent

(i) Chronîc. LVm.

4a6 MOVÂMCBMM WKàSEM

fU dans quai but; mais cette nouTelle tournée

n'était tràa probablement que la suite et k eon-

plément de celle de Burgondie. Après c^ essai de

justice et de fbrce ( la didtiiicticn das decnr choses

n^est pas.posmble au temps dont il $'Bf^t)j Da^-

bert vint s'établir en Neustrie K Cëtait là que^ par

une prë£érènce marqtfée et caractérisliqua da ses

intentions, il avait fixé sa résidence et le oentM de

son empire. H safait qu'il y trouvenât des sujets

{dus dociles et plus de moyens de gouverner selon

ces idées et ces traditions romaines , dont it semble

avoir été plus profondémeM hnbu que nul de ses

devanciers.

Que cette translation de sa résidence d'Anstraste

en Neustrie Ait de sa part une sorte de dédaratbn

de mécontentement, presque de guerre cokt»e la

première, les fidts le prouvent de la façon la ttioias

équivoque. Non satisfait des résultats éê mm ex*

cursion judiciure chex les leudes austrtsiens, il

continuait aies traiter avec rigueur, à l6Ur donner

des marques d'animâdvérsion et de défisfnee , à ks

dépoteiller dé leurs possessions. Les Austrasiens ne trouvèrent d'abord qu'unemanière de se Tengerde

kd; ce ait de se laisser battre par les Skves vené»

des, lorsqu'en 63 1 illes mena contre eux pour en

obtenir la réparation de quelques griefs contre

des mawiiands fiMi!» ^.

(i) Id, LX.

(a) Fredeg. Chron. liXYIIL

tous DJkeoBntT. 497

C'est peut-être à la «uite de cette déftite, vdontaire on non, qu'il faut placer une révolte dédale des ÀustnBÎeDs contre Dagobert, révolte dont on ne sait ni la date précise ni les détails, mais énoncée de la manière la plus positive par un hagio^r»pfae contemporain. Il résulte du témoignage de cet écrivain que Dagobert fut obligé de conduire son année en Austrasie, pour y remettre sous son obéis- , sanoe les populations de toutes parts soulevées contre lui, et qu'il emmena captive une bonne partie de ces populations vaincues *.

Le rétalilissement du royaume d'Austrasie , en l'année 633, me présente tous les caractères d'une véritable pacification de Dagobert avec ses sujets austrasiens. Il leur donna son fils aln^ ^ebert pour roi, sous la tutelle de Chuaibert, évéque de Colt^e, du duc Adalgisèle, et de Pépin en qualité de maire du palais. De leur càté,.lea Austrasiens ■-engagèrent envers le roi a défendre les frontières orientales de l'empire frank contre les Venèdea. Hais les querelles n'étaient que suspendues. Un second fils, qui fut nommé Clovis, lui étant né en 634, Dagobert saisit cette circonstance pour faire, entre ses deux fils, un partage de l'empire, tel qu'il répondit à ses vues politiques. 11 dédda qve l'Austrasie resterait à Sigebert qui l'occupait déjà, et que Clovis aurait , pour sa part, la But^ndie et la Neustrie réunies *.

(1] V!U S. Sereni. Scrtpior r«r. fraodcar. tom. lÙ. (a) Fredeg. Chroi. LXXTL

49i8 MOVUICUE FËLimtLE

'Cette division de Féonpire difiérait detotites les 'Précédentes ; eUe. ten^bôt à donner à, la pwtie. qui i<enfemiait le plus de populiition.gaUorroauâne .ime supériorité décidée sur celle ;<}ui contenait Je f^us de population germamquey et semblait avoir, pour but la: destruction ou l!affaiblissenient 4e rÂustDBKÛe conune royaume indépendant. Ce fut .çertaimement ajinsi. qu'en jugèrent les ieiKlesau»* ^tnisiens appelés à sanctionner ce partage, inégal; .]eurs objections; et leur répugnance en; font. foi M^is Dagobert avait apparemment bien pris ses mesures pour n'être. pas contredit^et les Âustra- •6Îeii^ finirent. par.accepter malgré eux^ et par la ter* rc^^r de quelque chose de pire, une ti^an^action^qui jçur déplaisait A

. Tout ce que Dagobert faisait ou essayait . contre Jesleudes , ses prédécesseurs Tavaient idéjà &it 6a essayé y seulement avec moins détruite et de vi» ;giiêUr« Mais ce qu'il fit contre les prêtres ^et lès .^;Uses> nul des^descéndans de Clovis n'avait osé le tenter^ Depuis phia d'un siiède que- les terres fiscales, les domaines publics , occupés par les rois franks, .circulaient entre les leudes, comme béné* fices royaiK., laplupart avaient fini par rester, en pvi^riété pure, .et simple , entre les :maÎBs de joeuf ?qui n'en avaient eu d'abord que la JouissaLiiûe tempoiwreu Jlen^avait été . donné un grand nombi^e aux églises, de sorte que la masse presqueiéntièce

des terres, sur lesquelles les roj,s avaient pris jusque

(i) Id, loc. du . / ^ . .. \iil ' .\,. .vj "

Ui ces'b^éfiees, per lesquels ils avaient aclietë tni récompensé an besdid les sc^rvicéÀ de leuts 4eudes*y avmrceMi d'^pparienir auilfte. Or, cirtt€i<prci^n4ëté éaàt^ cômme^iious-ravMs vu , pbur tes rois fraiditf ^ lfiirr''moyeb <lj|h|Myiiyoir le plus direct ^ et l^^llûH réel;

^Dagobett «ssaya d^abo^d de^Vèteouvrer 4e ^ivé force ùtie partie de ces tenreâi fiâôales deventiés dè-i niaiiie» particulière, pour s^éri^faiM' dé noitviatiit ieodes de sou chmï «t plus "fidèles 'qiie'le^ancfeMsi Mais ce qu'il en put ravoir de la sorte ne suffisant pos^'à ses desseins , il avait • été réduit 'à repi^èndre •aux égUsesmne pordoQ de ces terresqiii leur avaient •été données. Ëntreles écrivains ecdésiastiques, cpii 4>nt signalé , en la déplçnant fAus ou moins , cette pcofiEUiatipB- commise -par Bagobert, il en èsl un ifjii ^n parle avec beaùcoupplus de précisionF et en traits beaucoup plus^historiques que lès autres^ et Hmj pour cette raison^ me parait mériter d'être tra^diiît littéralement. ^

A Lé roi Da^berty.dit^il; étant pressé parles événements multipliés de diverses' guerres; enleva auxL monastères des saints v beaucoup . de cthoMS quiUi partagea entre ses^hommes de guerre^ Use laissa persuader d'oser pareiUe. cklise par le cxmfeû dêCeBuboUe, qui 4tnâ^un des leudt»^ dfi' s&n paklft trèsTusé et très persuasif. Le roi lui ayant ordonné d€| wettre lui-mémç«sqn comeilià^xéç^tio^f Ointulfe commença à prendre note des possessioiift dés

430 MOlTiLMmiB FIASKE

suints IbmXf e^ en inscrivit (pour s'«d ffii|Mirir) k moitié $ur les tables du fisc rojfpl *« «; •

Celle mesure de Degot>ertv malgré tous les né» nafeneuts avec leaqueU elle futil'abofd^etéciiléet et «algré tout oe qui fiât fiut par la 3uile pour eu réparer les effets , porta un coup fâcheux à TaMp^ rite royale. Slle mpptooba lie la dasie doi kwles CM«bn^!aux«t mécoiiteots uoe parCâa oowidéfdbk du dergéi jusque là dévouée aux: rois €t ëâragit ineat intéressée k Tidlenninemettt de. leur jMlialauue*

. P^ur ce qui esl de la classe mémadès leudii^ tout es que Da^jobert fit ou toata coo t» elki n'afaotti> Ut tqpft'à la rendre momtetanémeiii pins ctpcona puete. Les kudes anstrasiens^ plue que -laa autM^ persîatêrant a Je biâr et è ipadbtMroonirie iHd.iia finsant Pépin laaira partioulier de FAustmnn^ fii^ gDberttfratt surtout vmdu récéraer de kn ;j^ asus ae brawfier ou vcrteoMot avec le unmawjuUf JPepp avait tiré habilement parti de sa disgaafiu pour 00nstater que. les actes umnaiiBiNqdas qui isMuient laut d'oBibrsgt aux kcaunes puisuanAs 4t uoxspsi- IMS provenaient de conaeils opposés «m eiirna* f a'élait randu phiaqna januôs nénetsaaie aaac eUb inquiets ou méountenls de VàusÈrmé^yt^in mèmÊt sUMonre tnp •entouré de falona iau .d^banBUsna df^

SOI» DAGOniT. 4$l

voués à Dagobert , et d'aineurs naturdleoMDt prudent comme il l'était^ il se gardait bieb de se oonar promettre par un éclat prématuré oontre le pouvoir royal. Tout ce qu'il pouvait £Mre , et il le fiûsait à merveille I c^éiait de se créer une influence et utie popularité qu'il pût transmettre à Ms enfimts comme la meilleure pwt de sa richesse.

€e tableau rapide des fiuts généraux du règne d? Dagobertsufifira^ je présume, pour en donner uie idée et pour expliquer les sentiments divers ou con* tradictoires avec lesquels les chroniqueurs et les biographes en ont parlé. Les uns, voyant surtout en lui le violateur des biens ecdésiastiques, le re*présentent comme un homme sortie à leur gran^ regret, des voies de la sagessepourn'y plus rentrer; et s'ik parlent de ses premières vertus , c'est avec tottte-la concision et toute la séridberesse de Thistoire à ces époques d# barbarie croissante. Les autres, pleins, pour lui de tendresse et d'admiration,.inaia trop peu éclairés pour se contenter dn vrai, ont rempli sa vie de fictions, au moyen d^ quelles elle est devenue un vf^ritaUe monument d|i la poésie de cette époque, moDument curieux oà les idées germaniques, bien que déjà fortement ea/^ preintes des idées et des images du christianisme , s'en distinguent cependant encorf nettement. Las auteurs de ces vies fiibuleuses étaient ceux qui dans Dagoboi. voyaient snitout le chef du peuple , le roi qui voulait la justice pour totts ^ gardait sa colàm pour les pervers et les forts.

43ft MOlfAmCHlB FHAVKE

Quant aux détails de la vie de Dagobert^ je ne reviendrai que sur ceux qui ont une rdation .im- Biédiate avec les événements du Midi> auxquels.il est temps de retourner^

J'ai laissé la Yasconie dans rétat d-indépendance qui avait été Teffet prémédité ou la suite acdiden» telle de la grande invasion des Yascons, en 587. Die là aux époques du riègne de Dagobert que j'ai déjà parcourues y il s'était écoulé près d'un demisiiède. Mais les événements de l'histoire de Yasconie à placefr dans cet intervalle ne sont pas, de bien s'en faut , proportionnés à sa durée. Ce n'est qu'à contre-cœur, qu'à la dérobée , et comme par incident y' que les chroniqueurs franks parlent de cette contrée, ou en général du midi de la Gaule; et rien ne constate mieux que la manière dont ils en parlent à quel point tous ces pays devenaient étrangers à la monarchie mérovingienne.

C'était y nous l'avons vu ailleurs, au duc commandant la marche de Yasconie et résidant à fior- ' deaux qu'était confiée la tâche de repousser ou de prévenir les descentes des montagnards des Pyrénées. Toutefois , à propos de la grande descente dé 587, il n^st parlé en aucune façon du commandant de cette marche; il avait proba3>lement fait quelques efforts pour la défense du pays ; mais il avait été battu, et c'était alors que le duc de Toulouse, Austrovaldy avait été chargé par Gbntran de reprendre h Yasconie*; ' —

(i) Greg. Tnr. Hist. IX. 7.

sous DAGOB£KT. l^'i'i

Les tei-tnes dans lesquels Grégoire Ue Tours parle des tentatives d'Âusli*ovald contre les Vascons doivent s'entendre de plusieurs expéditions successives^ et non d'une seule. Mais entreprises avec les forces isolées des Aquitains méridionaux, qui n'y portaient sans doute pas beaucoup d'ardeur, ces expéditions n'aboutirent à rien, et là Yasconie resta à qui s'en était emparé.

Ayant été battu et peut-^tre tué, en 58B,dans une expédition désastreuse contreKeccarède^ Austrovald eut pour successeur au duché de Toulouse le Gallo-Romain Serenus, l'un des plus puissants personnages du pays. Serenus prit, et c'est le pre-j mier officier d'un roi mérovingien connu pour avoir pris le titre de duc d'Aquitaine K Mais il n'entreprit rien contre les Vasconsy^et ceux-ci, con-. tents de Tindépendançe qu'ils venaient de conquérir, se bornèrent à en jouir et à l'ôi^aniser comme ils l'entendaient.

Du reste, on ne sait rien de ce qu'ils firent. La conjecture la plus probable, celle qui se lie le mieux aux faits subséquents, c'est que la Yasconie, jusque là morcelée entre divers souverains , ne forma dès lors qu'un seul gouvernement, soùs un. seul chef, qui prit le titre de duc des Yascoûs, ayant sous lui un certain nombre de comtes^ gouverneurs civils et militaires des villes priiKîipales. Or cette conjecture en entraîne presque nécessai-

( i i Charte d'Alaon; voir à rappendice du 3* vol.

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