‹ Histoire de la Gaule méridionale sous la domination des conquérants Germains (volume 2)Chapitre 35 sur 51 · LUTTE DU LA NEUSTRIE · texte numérisé non relu

LUTTE DU LA NEUSTRIE

lier le plus direct et le plus légitime. Lc^ respect héréditaire des Fri^nks, déjà, selon toute apparence, usé ep Austrasie et eu Bqrgondie y ne Tétait pas en* core toqt-à-fait en Neqstrie ; et tant qu'il ne l'était pas, il y avait du risque pour Pépin à vouloir rén-^ nir en lui, soii^ un seul et même titre, le pouvoir réel et te pouvoir pominal. Du reste il avait peu de chose à faire , méœe en Neustrie , pour achever d'y flétrir ce titre die MérpYingieps .dans des enfanU rachitiques, vieillards à vingt ans, rejetons avortés d'une race usée par des débauches eiTrénées*

)1 iqipprtait davantage, et il était, ce me semble^ un pei| plus difficile d'avilir le titre de maire du palais, dont l'institution, aussi ancienne que la conquête franl^e, était restée nationale à travers toutes }e^ uiodifica lions qu'elle avait subies , et qui était devenue comme une partie indivisible, comme }'ame de la royauté mérovingienne. Pépin aurait cru manquer et aurait peut-être manqué son but en essayant d'attacher définitivement le pouvoir effectif, dont l'avait investi la victoire, à ce titre de maure du palais , titre pour ainsi dire corrélatif 4e celui de Mérovingien, et qu'il eut toujours rappelé. ]Ën gouyernant tout sans aucun titre déterminé , il prouvait bien mieux que son autorité élait attachée à sa personne, qu'elle était son œuvre, sa conquête et sa propriété.

Du re^te il mit une gradation habile dans ce qu'il fit à cet égard • H commença par se faire nomoier m4t*e de Neu^trie; puis en cette qualité il se

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donna un lieutenant qui résidait en Neustrie^ tandis que ^ui-méoie séjournait en Austrasie ou partout où bon lui semblait. Enfin à des rois enfants il finit par associer des maires enfants, comme pouïleur donner des icompagnons de jeux } et le titre de .maire du parais devint peu à peu un titre presque aussi insignifiant que celui de roi.

Malgré tant de ménagements et d'babileté, la puissance de Pépin fut sur le point de disparaître avec lui. U fallut des circonstances imppssibles àprévoir poi|r qu'elle passât finalement à celui des siens à qui le $or( gardait la gloire de la compléter et de la fixer dans sa race.

II aval): trqis fils, deux de sa femme légitime, Drogon et Grimoald ; le troisième lui était né d'une maîtresse nommée Alpaïde et se nommait Karl , comme le plus ancien connu de ses aïeux ^. C'était pour Jes deux premiers que Pépin avait tout fait et tout di^osé; c'était à eux qu'il s'était flatté de transmettre son pouvoir en héritage ; mais tous deux moururent avant lui, Drogon de maladie en 708, et Grimoftld assassiné en 714.

Pour ce qui est de Karl ou de Charles (Martel), pour ne ppint changer un nom consacré par l'admiration populaire , non-seulement Pépin n'avait fqi^dé ^cun dessein sur lui, mais il le tenait à l'écart comme prisoi^nier, et ne laissait voir pour lui qu'une aversion extraordinaire. Charles

{1} Fredeg. Cont. IL C.

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fut, non sans motif , soupçonné d'avoir Juë son frère Grimoald , et rien n'expliquerait aussi bieti que cette violence la répugnance mystérieuse et obstinée de son père pour lui. Quoi qu'il en soit, Pépin partagea à sa mort les terres immenses et les duchés déjà héréditaires dans sa famille entre deux fils de Drogon. Grimoald avait laissé un fils naturel qui n'était encore âgé que de six ans. Par un acte signalé de mépris pour les usages mérovingiens, Pépin le donna pour maire du. palais à un troisième Dagobert, monarque alors régnant, lequel n'était guère plus âgé. Ainsi donc à sa mort le vainqueur de Testri laissa la Gaule franke sous le gouvernement d'un enfant , ayant pour lieutenant un autre enfant; et tous les deux pour tutrice une vieille femme , Plectrude sa veuve ^.

Il parait qu'une fois en possession de l'autorité publique Pépin avait contenu d'une main vigoureuse les anciennes factions , tant celle dont il avait été le chef et pour laquelle il avait combattu, que celle qu'il avait vaincue et dont la Neustrie était le principal foyer. Il y a cependant lieu de penser que les leudes austrasiens avaient joui sous, lui de plus de sécurité , qu'ils avaient ^té moins^ souvent troublés dans la possession de leurs honneurs et de leurs biens que sous les maires du palais y agissant dans l'intérêt des^rois mérovingiens ou par des motifs personnels.

(i) Fredeg. Cont. IL CIV.

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Quant au\ Neuslriens, leudes ou autres ^ on ne peut guère douter que les vingt-s^t années de domination de Pépin n'eussent été pour eux, en général, une période d'oppression et de soumission forcée à TÂustrasie. Peut-être seulement y avait-il autant de patriotisme et de vanité que de raisons politiques dans leur mécontentement. Â force dé se faire la guerre, et tout le mal qui s'ensuivait, la Neu strie et l'Auistrasie en étaient venues depuis long-temps à une véritable antipathie nationale Tu ne pour l'autre.

Il ne fallait pas aux Neustriens toute la force et toute l'énergie qui leur restaient pour secouer le joug d'une femme et de deux enfants. Ils prirent les armes d'un mouvement unanime et spontané, et marchèrent à la rencontre dePlectrude, qui venait avec une armée austrasienne et avec son petit-fils Grimoald s'installer à Paris, en qualité de régente de l'eiripire. Les deux armées se rencontrèrent à Compiègne et s'attaquèrent avec l'acharnement accoutumé; les Austrasiens furent battus et mis en fuite, et les Neustriens, affranchis d'une domination qu'ils tenaient pour étrangère et pour hostile, se donnèrent un maire national, un leude nommé Raginfred , jusque là inconnu*.

Dagobert III venait de mourir, et le premier soin du nouveau maire fut de lui trouver un successeur. Quoique ce Dagobert eut un fils, on choisit pour

(i) Id.CV.

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