DE CLOVIS ET DE CLOTILDE
£a signalant dans le premier ▼olame de cette histoire les fables relatives à Childéric, j'ai dit que ces fables n'étaient pas les seules de leur genre qui eussent été jetées dans les commencements de l'histoire des Franks de la (xàule. £n avan-^ çant cela, j'avais particulièrement envjùe les fictions dont a ^té grossie, ou, si l'on vent, amoindrie la partie vraie on vraisemblable de la vie de Dagobert et de Clovb. J'ai eu déjà% k propos de ce dernier, l'occasion de toucher en passant à quelques-unes de ces fictions ; mais je n*ai point parlé de la plus curieuse de toutes, de 'celle relative au mariage du conquerant avec Clotilde. J'en dirai donc ici quelques mots à part ; ils achèveront, je présume, de constater que l'histoire des Franks , prise à ses origines , a , comme toutes les autres histoires à la même période , ses éléments poétiques et fabuleu'x indivisibl«ment entremêlés à ses éléments historiques proprement dits, et que ces éléments, si disparates qu'ils soient d'ailleurs, ont néanmoins entre eux des rapports qu'il peut être bon d'observer.
Il n'y a, dans tout Grégoire de Tours, rien de plus concis , de pkis simple, et sinon de plus vrai, au moins de plus vraisemblable, que le récit du mariage de Clovb avec Clotilde, fillelie Chilpéric et nièce de Gondebaud, rois des Burgondes. L'historien raconte d'abord comment ce dernier roi, ayant
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fait périr par le glaive son frère Chilpëric , reU*gca dans quelque lieu retiré de la Burgondie les deux filles du défunt y après quoi il poursuit en ces termes :
u CTovis envoyant fréquemment des députés en Bulrgondie, Clotilde fîit aperçue par quelques-uns de ces députés, qui, l'ayant trouvée belle et sage , et ayant su qu'elle était de racé royale, en informèrent aussitôt le roi Clovb. Celui-ci envoya alors sans retajrd ^ Goudebaud d^ ambassadeurs pour la demander en mariage. Goudebaud, n'osant la refuser, la livra aux députés qui, s'él|int chargés d'elle , s'en vont au plus vite la présenter au roi. Celui-ci, l'ayant vue, en fut charmé et li pjrit ppur 1emi^9 ^fàtà. d^à d*vm ç oiicabilie tm fils nommé Thierry. 9
Ce (court paseegi» de Grégoire de Tours fst ds petk nombre de ceux 4ui(4tteb les ooippilatevits et les obréviateniv àm époques subséquentes oal^ pur mie flxoepbon k noter, donné d«» développeyoentA éritlemBl^etit romaiieaiinei et généralement re^ connu» pppi* tels.GV4t ce qu'ont (ait d'abord Frédégairo» dam son abrégé de Grégeiire, à la suite de Frédégaire , maie «rvee dei variantes vemarquablea , l'anient anonyme des Gestes 6» Franks» et epr!ib l'un et l'antre: diverachroniqueum moins an* eien«} qui ont copié l'nn où. l'autre. Pour expliquer et motif €)r té que i*ai à dire de-oes fictions^ je dois auparavant' en %nc& une Qotioe assea détaillée pour en ^ve reseortir les traits earactérbtiques) je donnerai la jrersion de Frédégaire la première.
Frédégaire suit d'abord exactement Grégoire de Tours; i tKmimenoe comme lui par raconter la mort tragique de CM" péric, roi des Burgondes, et l'espèce de captivité où ses denx filles sont retenues par Goudebaud leur onele. Maia auMitôt ^prè& ce préan^bnle se font sentir les intentions romanesques. t]lovis'désire viiwment épouser Clotilde, la phis jeune des detir sœnrs, qu'il est censé connaître de renommée; mais son projet n'est pas d'exécution facile. Goodebavd le regarde comme m