‹ Histoire de la Gaule sous l'administration romaineChapitre 11 sur 37 · XV, I · texte numérisé non relu

XV, I

• Amm. Marcel., xv, et pats.

officiers de grade inférieur, parmi lesquels se trouvait l'historien Ammien Marcellin. Chemin faisant , ils rencontrèrent beaucoup de soldats et de volontaires, qni se rendaient au nord de la Gaule pour prêter assistance aux insurgés 1 , car le changement de gouvernement avait été accueilli avec faveur dans toute la province.

Silvanus, qui connaissait Ursicinus de longue date, le reçut dans Cologne à bras ouverts , et celui-ci, jouant son rôle avec une persistance cruelle, feignit d'adhérer à tout; il rendit même publiquement au nouvel empereur les devoirs du salut officiel, ou, comme on disait, de l'adoration1, en baisant la pourpre de son manteau. Désireux de conquérir à sa cause un si haut personnage, son successeur dé* signé, Silvanus lui laissait un libre accès auprès de lui, l'admettait à sa table, à son conseil, et le prenait pour confident de ses rancunes contre Constance. « Cet homme, lui répétait-il, n'a que de « l'ingratitude et des persécutions pour ceux qui le « servent. Tandis qu'il élève au consulat et aux « premiers honneurs les plus indignes sujets, toi, « Ursicinus, il te dépouille et t'abandonne à tes en- « nemis, et moi, il me déclare criminel de lèse-ma-

* Convena undiqué multiludine , trépide cœpta fundaute, coadisqu<" copib tmittis. Amm. Marcel., xv, 5.

a Adactut adorare solerooiter inhelaotem cebius purpuraluro. Amw. Marcel., xv, 5.

« jesté , sur de faux aveux arrachés par la torture à a mes esclaves 1 !» Le temps s'écoulait cependant, et il y avait bientôt un mois que Silvanus était empereur. L'armée, réclamant la guerre comme un droit , voulait descendre en Italie avant l'hiver2. Chaque jour rendait plus dangerense la situation des envoyés de Constance; il suffisait du moindre mot, du moindre soupçon , pour qu'ils disparussent tous du même coup; ils résolurent donc d'en finir. Au moyen de promesses directement semées, ils attirèrent à eux plusieurs officiers du corps des Braccates, ainsi appelés parce qu'on les tirait de la Gaule Braccate 3 ou Narbonnaise, et de celui des Cornutes , qu'on croit avoir été Illy riens; au moyen d'argent répandu clandestinement par l'intermédiaire des valets d'armée 4, ils corrompirent quelques simples * soldats ; et quand tout fut prêt , ils exécutèrent un coup de main hardi. Un matin, au lever du soleil, leur petite troupe attaqua le palais , et , après avoir égorgé la garde, pénétra jusqu'à la chapelle où se tenait une assemblée de chrétiens , en tira

1 Ad consulattim potestatesque sublimes elatis indignis , se et Ursiciimra so I os , post exsudalos magnos pro Rqmblica labores... Amm. Marc., atv, 5.

* Terrebaot nos tameo circmnfrementia undique murmura causaotis inopiam miliiis, et, rapida celerilate, ardentis angustias Alpiuni perrumpere Cottiarura. Amm. Marc, ibiel.

* Galtia Braccaia. Voyez ? Histoire des Gattlois, t. n. On peut consulter, sur les Cornutes, Panôrol., iVo/i/. Imp., p. 1466.

4 Firroato negotîo, per séquestres quosdam greg arios, obscuriute ipsa ad id patrandam idoneos... Amm. Marc, xv, 5.

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