‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 10 sur 353 · LIVRE I. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE I

tagnes d'Auvergne au golfe aquitanique , en traversant Limoges et Saintes; la quatrième enfin longeait le Rhône sur sa rive gauche, et, se bifurquant à Tarascon , allait rejoindre Narbonne et Marseille.

Ce fut comme la charpente d'un grand système de viabilité, complété successivement par des embranchements sur les métropoles, par des communications de cité à cité, de municipe à municipe. Chaque territoire eut par la suite son système propre qui s'engrena dans le système général, et des bornes milliaires, indiquant la distance de chaque point de la cité à la métropole, y convergèrent comme les voies de premier ordre convergeaient à Lyon. Je dirai ailleurs comment ces différents chemins se classaient, et d'après quel mode ils étaient tracés, construits, entretenus.

Le grand commerce intérieur et la communication de la Méditerranée avec l'Océan, à travers la Gaule, avaient eu lieu, de temps immémorial, par trois directions principales :

1° De la Saône à la Seine au moyen d'un portage. Les gros navires de l'Italie, de l'Afrique, de l'Orient, remontaient le PJiône, puis la moyenne Saône: les marchandises débarquées et emmagasinées dans des entrepôts étaient transpoitées de là, par des chariots ou à dos de mulets, jusqu'à la Seine, où de légers bateaux les recevaient et les descendaient ' ;

2° La difficulté de la navigation du Pdiône à la remonte fit établir un portage à travers les Cévennes, entre le littoral de la Méditerranée et le premier point navigable de la Loire -:

1. Strab., 1. IV, p. 189. Paris, in-fol., Ifi29. — Cf. Hist. des Gaulois, 1. Mil, c. 2.

'2. Strab., loc. laud.

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3° Enfin une troisième voie, utile surtout au midi de la Gaule et à la côte occidentale d'Espagne, remontait l'Aude pour gagner la Garonne, après un portage de sept ou huit cents stades. Narbonne, sur la Méditerranée, Bordeaux, près de l'Océan, furent de bonne heure les grands entrepôts de cette dernière ligne '.

L'administration romaine améliora ces vieilles routes du commerce gaulois, soit par des travaux de navigation sur les fleuves, soit par l'établissement de bonnes voies terrestres aux portages, et par la régularisation des transports. Elle apportait à la navigabilité des fleuves et à leur canalisation la même importance qu'aux communications par terre. Drusus, frère de Tibère, commença, pour endiguer le Rhin, d'immenses travaux qui ne furent achevés que sous Néron -. Un des lieutenants de ce dernier prince, L. Vêtus, conçut le projet d'un canal qui, perçant les Vosges, réunirait la Saône supérieure à la Moselle, et, par une ligne directe et continue, la Méditerranée à l'Océan ^ : gigantesque entreprise, qui fut abandonnée par suite des calamités de ce règne, et que depuis dix-huit siècles nul gouvei-nement n'a plus osé aborder.

Si barbare et si négligée autrefois, l'agi-icultuio prenait déjà un grand essor. Malgré les ordonnances de Domitien restrictives de la culture de la vigne dans tout l'empire et qui ne furent qu'imparfaitement exécu-

•1. Strab., 1. IV, p. 189.

2. Paullinus Pompeius... inchoatum ante très et sexaginta annos a Druso aggerem coercendo Rlieno absolvit. Tac, Ann., xiii, 53.

3. Vetus Mosellam atque Ararim, facta inter utrumque fossa, connectere parabat, ut copiap per mare, dein Rliodano et Arare subvectœ, per eam fossam, mox fluvio Jlosella iii Rhenum, exin Oceanum decurrerent. Id., ibid.

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