‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 109 sur 353 · LIVRE 11. -CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE 11. -CHAPITRE I

écrivains romains ne les ont point connues, ou du moins ils ont négligé de nous les faire connaître. Mais ce que l'histoire nous dit des mouvements des peuples germains s'accorde avec les traditions mômes de ces peuples, pour établir que l'impulsion partit de la Scandinavie'; et quand on examine le caractère des nouvelles confédérations, toutes empreintes de l'esprit de l'odinisme, on ne peut guère douter que la révolution ne fût en partie religieuse. Le fanatisme des sectateurs d'Odin se liait intimement, comme je l'ai dit plus haut, à la passion des armes; le prosélytisme amenait le goût des conquêtes; et une fois debout, une fois saisies par le tourbillon qu'elles-mêmes avaient déchaîné, ces masses de peuples ne furent plus maîtresses de se rasseoir. Quand elles le purent enfin, voici le spectacle que présenta le nord de l'Europe.

Les Goths (ou plutôt une partie des nations gothiques) avaient mis entre eux et la Scandinavie toute la largeur du continent européen; on les trouvait maintenant près de la iner Noire, occupant les deux rives du Dnieper, et divisés en Osirogoths et Visigoths, suivant leur position à Test ou à l'ouest de ce fleuve. Une de leurs tribus, les Victofales-, s'était mesurée contre Marc- Aurèle pendant la guerre des Marcomans; une autre, celle de TaïfaIes^ avait pris position sur la frontière

1. C'est la tradition non-seulement des Goths (Jornand., de Reb. Cet., 0 et seqq.), mais des Hernies (Ibid., 2) et des Lombards (Paul. Diac, Hist. Longob., 1). Il ne faut pas chercher cependant à faire concorder la chronologie de ces traditions avec les faits vraiment historiques tels que les écrivains romains nous les donnent; ce serait entrer dans des embarras inextricables, et s'attaquer à un problème insoluble.

2. J. Capitol., M. Anton., '28, 31. — Victovali, Victuali, Victofali. •1. Taîfali. Amm. Marc. — Taïphali. Eutrop.

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de la Dacio. Los (l(''[)i(l('s, ([iii les su ivaienl, de près, formaient en quelque sorte leur arrière-garde. S'il faut en croire leurs propres traditions qui, il est vrai, font remonter cette éniigralion à une époque bien plus reculée et évidemment fabuleuse , les Golhs , à leur dépari , avaient traversé la Baltique sur trois vaisseaux. Les Gépides, arrivés les derniei's au rendez-vous, avaient reçu de cette circonstance leur nom, qui signifiait traînardsV et qui leur resta.

A ce noyau d'aventuriers Scandinaves s'adjoignit, au bout de quelques années, le peuple, ou plutôt Tassociation des Héi'ules, chassée de la même contrée par les Danes ou Danois, et qui alla s'établir autour des Palus- Méotides, au-dessus des Goths. C'étaient les plus terribles des barbares sortis du Nord; ils com])attaient presque nus, et leur bravoure, telle que la peignent les historiens, ressemblait à de la rage. Superbes et arrogants, dans leur petit nombre, ils se disaient tous issus de sang royal, et le nom cVHcrulcs qu'ils s'attribuaient signifiait seigneurs- : on peut reconnaître, dans ce tableau, les ancêtres de ces Berserkcrs c[ne les expéditions des Normands rendirent plus tard si célèbres.

Tandis que la confédéi-ation des Goths s'organisait sur la mer Noire, celle des Saxons^ se formait à l'extrémité opposée du continent européen, autour des bouches de l'Elbe et dans la péninsule Cindirique. Cette dernière eut pour but principal les courses maritimes.

1. Gepanta pigrum aliquid tardumquc signât. Jornaiul., do Tieb. Get.,

"2. Eruli, domini. Isidor. Hispal., Gloss., 2i. • — Jarl , dans k's langues Scandinaves; eaii, en anglais. Malte-Bran, GiJogr., I, 334.

3. Saxones. Ils sont nommés pour la première fois par Ptolémée, vers l'an 180. Cons. Reichard, Gerni. unt. den Rœm., 41.

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