‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 113 sur 353 · LIVRE II. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE I

(lisait-on, égorger son interprète*; mais les barbares eux-mêmes en auraienl trahi le secret après sa mort.

Pendant son séjour aux camps germaniques, l'empereur avait distingué, parmi les officiers romains, un personnage déjà important et destiné à le devenir plus tard bien davantage, un soldat parvenu, dont la vie devait offrir le plus étonnant exemple des jeux de la fortune, et qui, créature de la maison de Sévère, semblait prédestiné à sa ruine. Ce personnage s'appelait C. JnliusAerus Maximinus. Né sur la frontière des provinces de Thrace et de Mésie, dans un de ces villages mixtes où les colons barbares, établis de force ou de gré, vivaient pêle-mêle avec les Romains, il avait eu pour père un Golli nommé Micca, et pour mère une femme alaine nommée Ababa ^ Ses parents, obscurs et misérables, gagnaient leur subsistance par le travail de leurs mains: lui-même avait passé son enfance à garder les troupeaux dans les vallées de la Thrace, où, grâce à sa vigueur précoce et à son caractère entreprenant, il s'était fait le chef ou plutôt le roi des bergers, ses compagnons ^ C'était lui qui les commandait dans leurs petites guerres contre les brigands dont les coups de main désolaient le pays. Il grandit ainsi, fortifiant son corps et son âme dans une vie de fatigues et de périls.

Un jour que l'empereur Sévère, alors en Mésie, célébrai! par des jeux l'anniversaire de la naissance de son filsGéta, Maximin, descendu de ses montagnes, demanda

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