‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 128 sur 353 · LIVRE II. — CHAPITRE II. Ii · texte numérisé non relu

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tiats, et qu'elles avaient le droit de les accuser; 2° que les mandats donnes par les cités à leurs représentants étaient impératifs; 3° et qu'enfin le veto d'un membre avait le pouvoir de suspendre une délibération. Nous reviendrons là-dessus, quand nous traiterons, un peu plus lard, du système administratif des provinces. Ce Titus Sennius Solemnis, prêtre de Mars, de Mercure et de Diane, remplit des places assez importantes en Gaule et en Bretagne, gagna des amis nombreux parmi les Romains en crédit; et, sur le vote des trois provinces transalpines ', il lui fut érigé, en 238, à l'époque du règne de Gordien, une statue de marbre, dans la ville capitale des Viducasses, aujourd'hui Vieux. Des inscriptions gravées sur le piédestal rappelaient les titres de Solemnis k cette haute distinction; et dans le nombre figurait le veto qui était venu si heureusement en aide au gouverneur de la Gaule lyonnaise.

Ce serait se trop hasarder que de vouloir rattacher le fait si obscur de l'accusation de Paulinus à une tenta live d'opposition des cités gauloises contre le gouverne jnent d'Alexandre. Cependant de mauvaises dispositions existaient chez beaucoup d'entre elles, et malheureusement on les retrouvait encore ailleurs. Ce prince, si modéré en tout, comptait une foule de désappro])ateurs acharnés, dont les uns le trouvaient trop timide, les autres trop téméraire. La querelle du sénat et de l'armée, toujours opiniâtrement soutenue, avait occasionné dans Home des batailles sanglantes entre les prétoriens et le peuple, qui prenait parli pour le sénat; à la suite d'une de ces rives, un quaitier de la ville avait été brûlé, et la

1. Trcs provinciae Galliaruin monumentum in civitate posuerunt... non sine solido marmore statuœ honorcni déferre cupimii?. Marmor. laud.

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responsabilité de ces dësordi-es élait divcisement jugée. Alexandre, disaient ses ennemis, ne serait jamais qu'un enfant sans expérience, toujours mené par des femmes: en tutelle d'abord sous Mii-sa, et, depuis la mort de AbTsa, sous sa mère Mammée. On taxait d'avarice sa rigide économie ' ; dans sa réforme de l'armée, on voyait l'absence d'esprit militaire - ; tantôt on lui reprochait d'être Syrien, tantôt de ne vouloir plus l'être. La Gaule, avec quelque raison, pouvait se plaindre que pendairt onze ans de lègue il eût négligé de visiter une pro\ince si importante, la principale clef de l'Occident. Mais le mal incurable de la situation était dans cette ambition effrénée qu'aiguillonnait le défaut de stabilité en toutes choses, qui s'étendait à tous les rangs, et d'où provenaient l'envie, le dénigrement universel et la haine instinctive de 'tout mérite et de tout succès.

Au milieu de dispositions déjà si alarmantes, de graves événements survinrent en Orient. Les Parthes, établis, depuis cinq cents ans, en caste souveraine sur les populations du Tigre et de l'Euphrate, venaient d'être expulsés par un soulèvement des anciennes tribus persiques; et sur les ruines de l'empire des Arsacides, un aventurier persan, Ardschir, fils de Babec, fils de Sassan, avait fondé une nouvelle monarchie nationale''. Le fanatisme religieux, ressuscité par les mages, l'amour de l'indépendance, l'orgueil du vieux nom de Perses, et les traditions de puissance qui s'y rattachaient, enflammaient ces masses de peuple armées par l'insuri-ection. Leur premier acte avait été l'expulsion des Parthes ; le

1. Herodian., vi, 142. — Laniprid., Alex., 13U. — Julian., Caes.

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