LIVRE II. — CHAPITRE II
sage sur message pour lui faire terminer le plus promptement possible la guerre de Perse, et renvoyer des forces sur le Rhin : les gouverneurs des provinces occidentales lui écrivirent aussi dans le même sens. A la lecture de ces dépêches, sa perplexité fut grande : laisserait-il ntalie simplement menacée? on allait l'accuser, lui, enfant de la Syrie, d'avoir sacrifié Rome même à la défense de son pays: quitterait-il l'Orient sans avoir étal)li solidement la paix ? il perdait tout le fruit de cette pénible campagne. L'indiscipline des troupes qu'il avait amenées d'Occident le détermina enfin à partir. Chaque courrier arrivé de la Gaule ou de la Pannonie était pour ces troupes une occasion de murmures ^ « On les avait (> transplantées, disaient-elles, loin de leur pays, sous un « climat qui les dévorait ; les plus rudes désastres de la « guerre de Perse avaient été pour elles. Et, tandis qu'on (; les faisait mourir, en Mésopotamie, de maladie, de mi- (( sève et de soif, leurs compatriotes étaient égorgés imc: punémenf par les Germains: leurs femmes étaient ou- >. ti'agées, leur pays dévasté-. » Ces plaintes agitaient l'armée, el, de crainte de pis, Alexandre, après avoir cantonné en Asie une partie des légions, s'eml)arqua avec l'autre pour l'Italie.
Il ne séjourna dans Rome que le temps nécessaire à la célébration d'un triomphe qu'il désira donner aux troupes d'Orient comme une récompense, et montrer à celles d'Occident comme une espérance el un aiguillon. Quand il se remit en route, dans les premiers jours de novembre 23/j, le sénat l'accompagna hors des portes, à
nis subjerti possidciitus, so\x discriincn faciunt iiitm- Italiani atqiio Gormaiiiam. Herodiaii., \f, l.'IS.
1. Quarc iiidignabantur at((uc Alcxandro -iucccnsebant... Id., il)id.