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une assez giaïuk' dislaiice, el de toutes paris on entendait retentir ce cri : (( Rome vit, puisque Alexandre est (( vivant M » Rassurés sur les dangers présents de l'Italie, tous le c()uil)laient de bénédictions et de vœux; on le laissait maintenant partira regret-, comme si quelque vague pressentiment de malheur lût venu se mêler involontairement à l'élan de la conliance publique. Sa mère, qui ne l'avait point quitté dans les sables brûlants de la Mésopotamie, voulut le suivre encoi-e dans ce voyage d'hiver, au jnilieu des frimas des Alpes.
Ils achevaient le passage des montagnes, lorsqu'un incident étrange signala leur entrée en Ganle. Une de ces femmes qui professaient en secret l'ancien cnlle prohibé et faisaient en outre métier de prédire ra\enir, une druidesse, pour parler comme les historiens romains, s'approcha d'Alexandre, et, l'apostrophant d'un ton solennel, lui dit en langue gauloise : « Va, nuiis ne compte u point sur la victoire, et ne te fie pas à tes soldats ^' » Ces paroles, qu'on interpréta à l'empereur, et qui n'avaient peut-être, dans l'intention de la piophétesse, que la valeur d'un avertissement affectueux, frappèrent les assistants comme une prédiction sinistre, comme le présage d'une catastrophe imminente. On se rappela qu'un astrologue, consulté sur la destinée du prince encore enfant, avait déclaré qu'il mourrait de l'épée d'un Barbare*; et quoique celui-ci, avec un élan d'âme audessus de son âge, se fût écrié qu'il était satisfait d'une telle fin, et eût impi'o\isé, selon le goût scolaslitpie du
\. Salva Hoaia, quia salviis Alexander. Lainprid., Alex., 13i.