Post dies triginta loco suo rostituit. Id., ibid
LivnK ]I.-(:haimti'. F, fi. i:.7
A celle légion el aux aiilresqui appailenaienl à l'Asie par leurs quarliers el leur composilion, se ralliaienl différents corps auxiliaires spéciaux, lels qu'une division d'Arméniens, une autre de cavaliers maures, dont les chevaux, sans selle et sans iVein, obéissaient aux mouvements d'une Laguette; une aulre enfin de ces habiles archers osrhoéniens dont j'ai déjà parlé ; quelques escadrons de cavalerie cataph racle, toute bardée |le fer, hommes el chevaux, et composée de Parthes qui, dans leur détresse, s'étaient rattachés à la fortune de Rome'. Ln même esprit animait ces troupes auxiliaires et les légions d'Asie; esprit d'orgueil oriental, et de confiance dans le hls de Mammée.
Mais entre les troupes venues d'Orient, enrichies du ])utiii de la Perse, enorgueillies d'un tiiomphe récent, et les légions rhénanes, qui ne pouvaient parler que de leurs échecs, il s'établit dès le principe une rivalité que chaque jour, chaque incident vinrent aigrir. Beaucoup d'abus s'étaient glissés dans le régime des garnisons de la Gaule : Alexandre ne put les apercevoir sans essayer d'y porter remède, et il l'entreprit avec celle ardeur et cette ténacilé dont il a\ail fait preuve en Syrie. Malheureusement ni les circonstances, ni les dispositions du pays n'étaient les mêmes; ici l'extrême sévéril*' causa du mal. On ne manqua point d'attribuer à la partial il/' cl au ressentiment les plus simples mesures de discipline; des révoiles éclatèienl : fempereur, obligé de sévir contre des corps entiers", ne retrouva plus le re-
1. Alexander autwii Mauros complures, ac vint ingeiiteni sagittariorum, quos scciim ex Oriente adduxerat... Herodian., vi, KiU, li,'), 1 i(i. — J. Capitol., Maximin., 142. — Lamprid., Alex., 135.
'2. Quum ibi quoque seditiosas Icgiones comperissot, alijici eas prœcepit. Lamprid., Alex., 13.3. — .T. Capitol., Maximin., \W.
158 IIISTOIliK l)i: LA GALLE.
penlir de la légion d'Aiilioclie. Ces soldais, ce peuple différaient singulièrement de ceux du milieu desquels il sortait *. Recrutés en majeure partie dans les provinces de riUyric et des Gaules, et par un long séjour en face des Germains devenus presque aussi sauvages que les Barbares, les légionnaires du Rliin et du Danube estimaient surtout dans leurs chefs la rudesse des manières, l'àpreté d'iiumeur, la force physique, en un mot les qualités et les défauts qui correspondaient aux leurs. Pour eux, Alexandre, malgré sa vie modeste et simple, n'était qu'un efféminé, mieux placé dans le service d'un temple qu'à la tête d'une armée ; et on peut croire qu'ils ne lui épargnaient pas les surnoms d' archiprêtre et (ïarchisynagofjue syrien, par lesquels ses ennemis se plaisaient souvent à le désigner-.
L'idole de ces hommes grossiers était alors un personnage dont nous avons parlé dans cette histoire : ce Julius Verus Maximinus, berger devenu soldat, officier inférieur par la protection de Sévère, et centurion par la faveur de Caracalla. A la mort de ce dernier, il avait renvoyé à Macrin ses insignes militaires, pouj' ne point avoir à servir l'assassin de son bienfaiteur. Retiré en Thrace, il avait lié des relations de commerce avec les Goths, compatriotes de son père, et d'heureuses spéculations lui avaient acquis une fortune assez considérable -.
1. Verum gallicanie mentes, ut sesc liabent, duraî ac retorridae et sœpe imperatoribus graves, scveritatem hominis iiimiam non tiilenuit. Laniprid., Alex., 133.
2. Syrum, archisynagogum, eum vocantes et arcliierea. Lamprid., Alex., 125.
3. In Thracia, in vico ubi genitus fuerat, possessiones coniparavit, ac semper cum Gothis conimercia exercuit. Amatus autem est unice a Getis quasi etiam civis. Alani quicumque ad ripam venerunt, amicum eum donis vicissim recurrentibus comprobabant, J. Capitol., Maximin., 139.