Hist. des Gaulois, liv. iv, ch. 1, 0'" édit
Telle on peut se ligurer la situation intéiieure de ce pays à la lin du second siècle. Dans ses rapports de coordination avec les autres provinces d'Occident, il se trouvait moins avancé en civilisation que l'Espagne et l'Italie, plus avancé que l'Illyrie et l'île de IJretagne : des premières il recevait l'impulsion, il la communi- (juait aux dernières. Ce fut une des causes qui lui valurent, sur la Bretagne et l'Illyrie, une grande influence morale qui prit même souvent le caractère d'une suprématie politique. La Gaule entraîna presque toujours ces deux provinces dans sa sphère d'action; elle y ramena plus tard l'Espagne déchue; elle fut le noyau puissant auquel vinrent s'agréger les provinces occidentales, à toutes les époques de grands etTorts ou de grandes commotions.
En effet, la Gaule couvrait contie les invasions germaniques une grande partie de l'occident de l'empire; ses populations formaient l'avant-garde de défense du côté du Rhin; et elles fournissaient aux légions établies sur le fleuve des recrues vigoureuses, aguerries par le voisinage de l'ennemi. Une ligne de châteaux et de camps fortifiés bordait le fleuve \ et, au moyen d'un retranchement palissade, se reliait avec une autre ligne qui longeait le Danube jusqu'à son embouchure. Cette barrière fermait l'Europe dans sa largeur, depuis la mer Noire jusqu'à l'Océan germanique.
Huit légions avaient été cantonnées par Auguste dans la partie de cette ligne qui touchait le hliin ; trois occupaient la Haute-Germanie, sur le cours supérieur du fleuve, et cinq la Basse-. La partie bordant le Danube,