LIVRE H. -CHAPITRE III
volonté qu'il avait puisée dans les habitudes militaires. La foule, pendant l'éleclion, se pressait sur les degrés du Capitole et dans le Forum, agitée, mécontente de n'être point consultée, et exprimant son mécontentement par des murmures. Quand les nouveaux Augustes parurent sur le seuil du temple, avec leur escorte, pour se faire reconnaître, des clameurs violentes s'élevèrent contre eux, et le peuple les repoussa à coups de pierre et de Mton. Une mêlée sanglante allait commencer, quand des voix prononcèrent le nom de Gordien. « Gor- « dien! Gordien ! cria-t-on de toutes parts, nous voulons Gordien* ! » Il y avait à Rome un enfant de cette famille, l)etit-fils et neveu des malheureux Africains; on courut le chercher dans la maison de sa mère : un homme de haute taille le prit sur ses épaules, et le présenta ainsi à la multitude, couvert d'une casaque impériale"^. Il se fit alors une sorte de compromis entre le peuple et le sénat : Maximus et Balbinus s'associèrent cet enfant en qualité de César.
Les deux Augustes répondaient de la Gaule, où ils avaient beaucoup d'amis, attendu que Maximus avait exercé autrefois les fonctions de proconsul à Narbonne, et de lieutenant impérial sur le Rhin, et que Balbinus avait aussi administré une des provinces au nord des Alpes ^ Le sénat, en les nommant, avait compté sur cette
1. Gordianum Caîsarem omncs rogamus... J. Capitol., Maxim, et Balb., 166.
2. Hune igitur, submissis quibusdam , afterri ad se jusserunt : qui quum domicumludibundumoffendissent, iinpositum in humerosper mediam fercbant niultitudinem, plel)i ostentantes, ac nopotulum Gordiani dictantes, vocanlesque euni nominatim, quoad in Capitoliuni pertulerunt, populo subiiide acclamante et conspergente pnerum frondibus. Herodian., \n, 162. — Indamento imperatorio tectus. J. Capit., Gord. tert., 160.