Herodian., vu, 162. — J. Capit., Maxim, et Balb
influence, car on attendait avec une vive anxiété les premières démonstrations des cités gauloises. Elles furent favoiables au delà de toute espérance. Repentante du mal qu'elle avait lait à l'Empire, la Gaule ijrùlait de le réparer; non-seulement elle haïssait Maximin, qui ne l'épargnait point dans ses exactions, mais elle tenait à orgueil de prouver que ce clioix lionteux n'était pas le sien. Elle fournit donc de l'argent et des hommes, se mit elle-même en état de défense, et envoya à Rome des milices exercées qui valaient de vieilles troupes, et pouvaient servir de noyau aux levées faites en Italie. En les envoyant, elle voulut plaire surtout à Maximus, dont elle se rappelait les succès contre les Germains ^. Il s'y joignit divers corps des légions laissées dans les garnisons rhénanes. Maximus accueillit avec joie les renforts transalpins, et en sut tirer grand parti.
Cependant toutes ces nouvelles, portées à Maximin, l'avaient jeté dans des accès de fureur vraiment étranges : ce n'était plus un homme, disent les liistoriens, c'était un animal sauvage'-, il se roulait par terre, il se frappait la tête contre les murailles; puis, se relevant tout à coup et tirant son épée, comme s'il eût eu en face quelque sénateur ou le sénat tout entier, il se ruait sur quiconque l'approchait. Un lui apporta du vin dont il but à outrance ^ et sa colère s'assoupit dans l'ivresse. Prenant bientôt son parti, il réunit ses troupes, et les invita à
1. Germanorum auxiliares, qui benevolentia; nomiue publice a popularibus niissi fuerant, quibus olim Maximus ciim imperio diligentissime prœfuerat. Herodian., vu, 177.
2. Sic exarsit, ut non homineni sed belluam putares. J. Capitol., Maximin., 144.
3. Ut oblivionem cogitationis acciperct, viuo se obruisse dicitur, eo usque ut quid gestum esset ignoraret. Id., ibid.