H1ST01P.K DE LA GAULE
Le sénat, il faut le dire, ne triomphait pas avec modération; l'appui qu'il trouvait dans les provinces, le succès de celte guerre qui s'élait montrée d'abord sous un aspect si formidable, et se terminait maintenant presque sans effusion de sang, son propre orgueil enfin, tout l'enivrait. Chaque proclamation, chaque discours, chaque sénatus-consulle était pour lui une occasion de morigéner l'armée, de lui reprocher ses méfaits, de la rapetisser aux yeux des provinciaux. Quand Maximus rentra dans la ville, accompagné des prétoriens, l'orateur chargé de le complimenter au nom de l'assemblée, après un parallèle de cet Empereur et de Balbinus avec Maximin, ne craignit pas d'ajouter : « Voici comment « agissent les princes qu'un choix sage et judicieux élève (( au pouvoir: et voilà comment périssent ceux qui ont été « choisis par une tourbe ignorante et téméraire M »
A peine Gaulois et prétoriens furent-ils installés à Rome, dans des quartiers séparés, que les disputes et les rixes commencèrent entre eux. Une rivalité bien plus funeste encore éclata entre les deux Augustes. Effacé par son collègue, à qui on rapportait tout l'honneur de la pacification, Balbinus supportait impatiemment sa position secondaire ; il ne voyait pas non plus avec bienveillance cette garde gauloise qui semblait appartenir exclusivement à Maximus. L'idée lui vint' même que celui-ci cherchait à le renverser pour gouverner seul, et que ces cohortes étaient l'instrument dont il voulait se servir-. Ces querelles absorbaient en grande partie le
1. Sapientes electi principes sic agunt; per impevitos electi principes sic pereunt. J. Capitol., Maxim. etBalb., 170.
2. At Balbinus, doluni contra se compositamque aliquam suspectans fraudem, quod studere Maxinio Germauos cognoverat, prohibuit acciri illos. — Herodiau., viii, 181.