LIVRE IL — CHAPITRE III
sept cents et pris trois cents autres qui furent vendus comme esclaves ^ Malgré le petit nombre des ennemis, la victoire fut chèrement disputée, si nous en croyons la chanson même que composèrent à cette occasion les soldats romains. « En une seule fois, y était-il dit, nous (( avons tué mille barbares Franks, nous avons tué c( mille Sarmates; c'est par milliers et milliers que nous « cherchons maintenant les Perses-! »
Cette guerre de Perse, que les soldats romains appelaient de leurs vœux et qui ne leur manqua pas, fut funeste à leur Empereur. Gordien vainquit Sapor ou Schapour, successeur d'Artaxerce ; mais il vit périr de maladie, au milieu des sables de l'Euphrate, Misithée, son plus ferme appui. Lui-même, conduit de piège en piège par le préfet du prétoire Philippe, qui succédait à Misithée, perdit le trône et la vie par un soulèvement de ses troupes, et le provocateur de la révolte prit à sa place la pourpre impériale ^
C'est une physionomie toute neu^e qui apparaît ici dans l'histoire : un demi-barl)are de l'Orient romain élevé au rang des Césars, comme pour contraster avec Maximin, le demi-barbare d'Occident. Depuis cent vingtsept ans que Trajan avait conquis l'Arabie, cette province s'était formée à la civilisation, soit par l'action directe des colonies, soit par les communications avec la Syrie et l'Egypte, foyers principaux de l'esprit romain asia-
1 . Yagantes per totam Galliam sic adflixit, ut trecentos ex his captos, septingentis intei'emptis, sub corona vendiderit. Vopisc, Aurel., 211.