‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 156 sur 353 · LIVRE III. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE I

même temps qu'il pénétrait clans le judaïsme par les synagogues ^ A une époque où la publicité n'avait guère d'autre véhicule que la parole, c'était s'emparer de tous les moyens de communication de rintelligence. Des églises s'organisèrent en divers lieux; et, rattachées les unes aux autres par des liens hiérarchiques, elles enveloppèrent l'Orient d'un réseau que bientôt aucune puissance humaine ne fut plus capable de briser. Tout ceci s'appliquait aux pays de langue grecque, à l'Asie surtout, où existait, comme en Grèce, le goût des spéculations de la pensée, et de plus, le sentiment des choses religieuses, qui manquait aux Hellènes. Il en était autrement dans les provinces d'Enrope, qui avaient peu d'écoles de philosophie, peu ou point de synagogues et aucun mouvement d'esprit religieux. Le christianisme n'y trouvait , pour ainsi dire , d'accès que par l'atTiliation individuelle, le mode de propagation le plus long et le plus incertain. Après quelques tentatives faites en Illyrie -, il prit une résolution hardie : il alla s'implanter dans la ville qui donnait la loi au monde, l'exemple et la coutume à l'Occident. Saint Pierre s'établit à Rome, au milieu des Juifs, dans le quartier du Janicule ; saint Paul, qui l'y rejoignit, s'adressa de préférence, comme il faisait toujours, aux Grecs, autre peuple errant dans ce rendez-vous de l'univers. C'était encore par l'élément oriental que la religion des nations s'introduisait dans la ville des nations; mais elle y prenait une position qui pouvait devenir formidable. L'Orient le jugea ainsi; et il y eut, au ber-

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