Act. Apost., xvn, xvur
2. Saint André prêcha sur les bords du Danube; saint Paul en Dalniatio. Cf. Fleury, Ilist, eccl., I, i(i et 139, éd. in-12, 1721.
ceaii (lu christianisme, une vive émolion et comme la joie d'un Iriomphe anticipé, le jour où le Prince des apôlres écrivit de Rome ces mots impatiemment désirés : (( L'Église élue de Dieu dans Cabylone vous saluée » De violentes tempêtes battirent longtemps cet arbre exotique dont les racines furent lentes à percer le sol. En passant d'Orient en Occident, le christianisme éprouva les profondes différences qui séparaient ces deux moitiés du même empire. Au delà de la Méditerranée, tout semblait prédisposé pour son succès : ici tout lui faisait obstacle. J'ai parlé du peu de goût des Italiens pour les études métaphysiques, de leur dédain pour toute philosophie morale autre que le stoïcisme, doctrine d'orgueil qui repoussait rudement les simples, et n'acceptait de la pauvreté que son ostentation. Dans les provinces d'Europe, il n'y avait qu'une civilisation d'emprunt, habituée à se modeler sur Rome. D'un autre côté, les rapports du christianisme avec le judaïsme, qui le servaient si bien en Orient, ne faisaient que lui nuire en Occident. En Orient, les Juifs hellénistes, industrieux, riches, éclairés, s'étaient conquis, dans leur isolement volontaire au milieu des autres nations, une indépendance qui ne manquait pas de dignité ; et les ingénieux travaux d'Aristobule et de Philon, en appelant, sur les livres sacrés des Hébreux, l'attention de la Grèce savante, avaient excité un intérêt qui lejaillissait sur la nation. Tenir aux Juifs n'était point, en Asie, une cause absolue de répulsion pour un individu, un motif suffisant de condamnation pour une doctrine; mais à Rome,
1. Salutat vos ecclesia quœ est in Babylone coelecta. B. Pétri Epist. I, 5 V. 13. — Sur le nom de Babylone donné à Rome par saint Pierre, voyez Eusèbe, ii, 15, avec la note de Henri de Valois, p. 29 de son édition de 1678.