‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 158 sur 353 · LIVRE III. -CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III. -CHAPITRE I

ce nom soulevait un mépris qui allait jusqu'à la haine; il résumait en lui ce que le mot de fanatique, clans le langage romain, renfermait de plus dédaigneux et de plus amer. Les Juifs réfugiés dans cette capitale de l'Empire surpassaient en misère et en ignominie la lie de la plus vile populace. On nous les représente comme un ramas de mendiants et de voleurs, parqués au delà du Tibre et en partie dans le bois d'Aricie, couchant en plein air et exerçant les pins abjectes professions'. Tout contact avec cet égout de Rome était considéré comme un déshonneur et presque un crime : ce fut là une des causes les plus actives de la réprobation qui frappa d'abord le chrislianisme aux yeux des Occidentaux^.

Juifs et chrétiens se trouvèrent confondus dans le décret de l'empereur Claude, qui bannit les Juifs de la ville, « parce que, dit Suétone, ils fomentaient des trouci blés à l'instigation d'un certain Chrestus ^. n Deux ans plus tard, on commençait à les distinguer; les seuls chrétiens allèrent, sous l'accusation d'incendie, éclairer, comme des flambeaux vivants , les orgies nocturnes de Néron \ Arrivé à la chaise curule des Césars par l'initiative des provinces d'Orient, Vespasien se garda bien d'inquiéter une religion fdie de l'Orient. Titus suivit son exemple; mais Domitien, qui masquait ses débauches et sa cruauté sous l'austérité censoriale des vieux temps, et pour qui la stricte observation des lois de l'Empire n'était jamais (ju'un i)rélexte à des vengeances personnelles, accumula dans les mômes édits de pro-

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