LIVRE m.— CHAPITRE I
l)lement des indigènes gaulois ordonnés prêtres par Potliin. On leur adjoint ordinairement, comme compagnon, le diacre Thyrsus, à qui son nom ferait supposer plutôt une origine orientale.
C'était là le clergé; le peuple se partageait aussi en Grecs et en Gallo-Romains. Au premier rang des Grecs on plaçait Attale de Pergame, citoyen romain, de mœurs honnêtes et graves, riche , considéré de tout le monde, usant de son crédit pour servir les fidèles, et surnommé par eux la colonne de l'église de Lyon ^ Ensuite venait Alexandre le Phrygien , médecin , établi en Gaule depuis de longues aunes, et missionnaire infatigable de la foi-; et Alcibiade, homme simple, d'un caractère dur, exclusif, porté aux résolutions extrêmes, et par cela même influent dans la communauté; il était citoyen romain, ainsi que Philomène et Macaire-'. On ne sait rien d'Aristée, de Zosime, de Zotique, d'Apollonius, qui paraissent avoir été Grecs, de même que Ponticus, pauvre enfant, d'origine servile, selon toute apparence, et abandonné après son affranchissement, car on ne lui voit, dans ses luttes contre la mort, d'autre patron qu'une esclave et d'autre famille que ses frères en Dieu.
Les femmes grecques étaient nombreuses dans la communauté : on y comptait, parmi beaucoup d'autres,
1. In Attalum quoque , patria Pergamenum, qui colunina et firmamentum Ecclesiae nostrœ semper fuit. Euseb., Hist. eccl.j v, 1.
2. Alexander quidam, natione Phryx, professione medicus, qui plures jam annos moratus fuerat in Galliis, vir omnibus iiotissimus ob amorem Dei et eximiam in prœdicanda fide libertatem. Id., ibid.
3. On augure qu'ils avaient cette qualité, parce qu'ils eurent la tète tranchée, au lieu d'être exposés aux bêtes. Voy. Tillem., Mém. ecclés., t. TU, p. 27. — Cf. Greg. ïuron., de Glor. martyr., i, 49. — Ruin., Act. Martyr., 61.
Bibliade ', destinée à servir lour à lour d'affliction et de joie à l'Église: Trophime, Gamnite, Rhodana, née probablement sur les bords du Rhône; Elpis, qu'on appelait aussi Agneletle, jeune fille, peut-être, pleine de douceur et de grâce, et l'espérance de sa mère, comme disait son nom-. Quatre d'enti-e elles possédaient le droit de cité romaine.
Vettius Épagalbus, né à Lyon, de l'amiile indigène illustre, et lui-même citoyen de Rome, ouvrait la série des fidèles gallo-romains. C'était un homme considérable dans son pays, et qui sacrifiait tout à sa religion, brûlant, disent les vieux actes, d'un immense amour de Dieu et du procliain ^ A côté de lui se plaçaient, par leur courage, Malurus, un des derniers convertis, car il reçut presque en même temps le double ])aptême de Teau et du sang ''; Silvius, Primus, Ulpius, Vitalis, Géminus, Gomminius, October, citoyens romains % affranchis pour la plupart, comme leurs noms semblent l'indiquer; puis Titus, Cornélius, Julius, dont on ne
1. Euseb., loc. cit. — Elle est appelée Biblis dans Grégoire de Tours, de Glor. martyr., i, 40; dans Adon, 2 juin, et dans le martyrologe de saint Jérôme.
2. Helpes, quœ et Amnas. Ado, ub. supr. — Elpen, ipsa est Amnas. Greg. Turon., de Glor. Martyr., i, 59. — Ces noms ayant été généralement défigurés dans les manuscrits, il existe de grandes variantes entre le martyrologe de saint Jérôme, Grégoire de Tours et Adon.
3. Vettius Epagathus, unus ex fratrum numéro, imniensa quadam caritatis copia erga Deum simul et proximum exuberans, qui adeo districtam ac severam vivendi rationem instituerat, ut quamvis adbuc juvcnis, Zachariîe tamen senioris elogio asquaretur. Epist. martyr, lugd. ap. Euseb., v, 1. — Léocadius, descendu de Vettius Epagathus, est appelé par Grégoire de Tours premier sénateur des Gaules. Hi^t. Franc, i, 31.