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Tliyesle '. A chacune de leurs dépositions, à chacune de leurs paroles, des cris d'horreur s'élevaient de la foule; on insultait les martyrs, on les menaçait du geste; leurs parents mêmes et leurs amis fendaient la presse et se faisaient jour au premier rang pour les couvrir d'opprobre et de malédictions, pour renier à la face du monde ceux que jusqu'alors ils avaient estimés et chéris -.
11 était temps qu'un spectacle plus consolant vînt ranimer le cœur des chrétiens. La plupart des confesseurs qu'on interrogea ensuite supportèrent avec fermeté l'épreuve de la question. Le diacre Sanctus conserva jusqu'au bout une sérénité de visage qui confondait ses ])ourreaux; aucune douleur ne semblait avoir prise sur lui; et quand on lui demandait quel était son nom, sa famille, sou pays, il ne répondait que ces mots, prononcés en langue latine : « Je suis chrétien ^ > comme si c'eût été là son nom, sa race, sa patrie, toute son existence sur la terre. Maturus, le néophyte, se conduisit en athlète accompli, suivant le mot des anciens actes ^, et Attale de Pergame, la colonne de l'église gauloise, soutint rhonneur de son sui-nom. Mais quand on vit s'avancer Blandine, dont le corps faible et maladif était
1. Thj'esteas quasdam cœaas et iucestos OEdipi concubitus. Euseb., Hist. eccl., V, 1.
2. His ia vulgus sparsis, omnes continuo in nos adeo efferati sunt, ut si qui forte coguationis causa moderati erga nos hactenus exstitissent, tune acerbissima indignatiooe conimoti adversus nostros infremerent. Id., ibid.
3. Sed ad omues interrogationes romana lingua respoudit : Cliristianus sum. Hoc sibi uomen, patriam, genus, omnia denique esse subinde profitebatur ; neque aliam vocem ab eo gentiles extorquere vaUieriint. Id., ibid.
4. Maturum neopli\tum quidem , sed geuerosissinium pugilem. Id., ibid.