‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 182 sur 353 · LIVRE III. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE I

droite de la Saône pour gagner le territoire éduen, l'autre avait suivi, sur la rive gauche, le chemin qui menait en Séquanie. Ils marchaient surtout la nuit, évitant d'entrer dans les villes, et se détournant à leur approche, pour aller chercher à travers champs quelque route peu fréquentée. Parvenu à quelque distance de Châlons, Marcellus fit halte, et crut prudent de passer à gué sur la rive droite qui semhlait lui offrir plus de sécurité*; mais le hasard le fit tomber précisément au milieu de gens qui escortaient un magistrat romain en tournée. Arrêté comme suspect et conduit à la ville, il confessa hardiment son nom et sa religion : son procès ne traîna pas en longueur; on l'enterra vif jusqu'à la ceinture, et on le laissa mourir dans cette position 2. Quant à Valérianus, ayant réussi à gagner sans encombre le château de Trinortium, actuellement la ville de Tournus, où de pauvres gens le recueillirent, il se mit à y catéchiser; et déjà il avait fait quelques prosélytes, lorsqu'il fut découvert et décapité ^

Bénignus, Andochius et Thyrsus eurent d'abord plus de bonheur; quoique cheminant de compagnie, ils purent atteindre la métropole de la cité des Édues, la fameuse ville d'Augiistodunum, aujourd'hui Autun, où ils trouvèrent un asile sûr chez un citoyen de noble extraction, nommé Faustus, qui tenait, disent les vieux actes, le rang de sénateur avec les faisceaux de la préture, ce qui veut dire qu'il était décurlon , et qu'il avait été duumvir ou premier magistrat de la cité \ On ignoi'e

1. Visum est ut, prœtermissa Cabilonensium civitatc, Sagonam locis secretioribus transmearet. Vit. S. Marcel, ex vet. legend. eccl. Cabil.

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