Defodere erectum cingulo tenus jussit. Ibid
3. Vita S. Valeriani, ap. Sur.,4sept.— Cf. Tillem., Mém. ecclés., t. III.
4. Fausto nobilissinioc familioe viro, sciiatoria dignitate conspicuo et
•2-28 IIISIUIHI; DE LA GAULi:.
comiiicnl les tuf^ilils lyonnais enlirrcnt en rapport avec lui. Sans ('(l'e clirelien ', Faustus avait entendu parler du Dieu mort en Judée, il avait peut-être admiré dans les récits des voyageurs l'héroïsme de ses sectateurs et la pureté de leur vie pourtant si calomniée. On peut croire qu'en voyant en Gaule, à quelques lieues de lui, une communauté de ces hommes extraordinaires, frappés par la plus violente persécution, il se sentit ému de pitié pour les victimes. Ce qui est certain, c'est qu'il recueillit les trois chrétiens - et qu'il les déroha longtemps à toutes les recherches; nous raconterons plus tard ce qui résulta de cette hospitalité pour eux, pour lui, et pour le pays dans lequel !a Providence sem])la les avoir transplantés à dessein.
^'ous suivrons encore dans leur retraite les deux inséparables amis, Épipodius et Alexandre, sur qui l'Église de Lyon avait placé de si douces, mais si fragiles espérances. Dénoncés par un de leurs domestiques, ils avaient dû quitter précipitamment la ville, et s'étaient réfugiés, comme on l'a vu plus haut, au bourg de Pierre- Encise où Lucia leur offrit un asile dans sa chaumière. Il ne fallut pas moins que l'obscurité de la demeure, jointe à toute la prudence de la pauvre veuve ^, pour protéger ces deux têtes vivement rechercliées ; car le
praetorianis fascibus subliniato. Vit. S. Benigni,G;ill. christ., t. IV, p. 31U. Paris, 1728. — Cf. Tillem., Mém. ccclés., t. IJJ.
1. Les actes de saint Andoclie disent qu'il avait di'jà reçu le baptême, ce qui s'expliquerait di;licilement; ceux de saint Andéol sont moins positifs; la famille de Faustus était païenne et fut baptisée par saint Bénigne.
•2. Gratissime ab eodem hospitio sunt recepti. Act. S. Benigiii, ap. Bolland., 17 januar.
3. Quum illic aliquandiu, tecti fide mulierculœ et loci bumilitate, latuissent. Passio SS. Epipod. et Alex., 3, ap. Ruin., Act. martyr.
LIVIÎE III. —CHAPITRE I. 229
gouverneur, dans le Lut de l'exemple, ainsi qu'il l'avait fait pour Attale, Vettius, Épagathuset Alexandre le Phrygien, désirait ardemment s'emparer de personnages que leur importance personnelle rendait plus dangereux. Pendant plusieurs mois, toutes les explorations de la police lurent déjouées; mais enfin le hasard ou l'hahileté des espions^ mirent le gouverneur sur la voie. Les soldats arrivés à l'improviste cernent la maison et se saisissent des deux amis, au moment où, prévenus du danger, ils s'échappaient de l'étroite cellule qui leur servait de cachette ^ Dans la précipitation de sa course, Épipodius laissa tomher un de ses souliers, que la veuve ramassa religieusement, et que l'Église de Lyon conserva longtemps comme un trésor ^ La famille d'Épipodius était prédestinée aux grandeurs du christianisme, puisqu'une femme de cette maison sénatoriale fut l'aïeule de Grégoire de Tours, qui signale, avec une secrète complaisance, la double illustration de sa race dans le ciel et sur la terre.
Après les sanglantes exécutions de la fête d'Auguste, les Romains pouvaient aisément croire que nul n'oserait désormais se proclamer memhre d'une secte si rigoureusement traitée : le gouverneur usa donc d'abord de ménagement envers Épipodius; il chercha par des marques de pitié à l'amener doucement à une apostasie. « Jeune homme, lui disait-il, prends pitié de toi-même; « adore, comme nous, les dieux des nations, ce sont