‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 194 sur 353 · II · texte numérisé non relu

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des c'crils chrétiens des deux premiers siècles, après ceux des apôtres. Cette science qu'il qualifiait de fausse était celle que les gnostiques se vantaient de posséder et d'où ils tiraient leur nom. En attaquant la Gnose, le hardi jouteur ne défiait pas une hérésie isolée, facile à circonvenir et à terrasser; il se prenait à tout un corps de doctrines, subdivisé en sectes nom])reuses liées par des principes communs et solidaires les unes des autres. Une circonstance particulière, dont nous avons déjà dit un mot, .appelait d(^ préférence sur cet ennemi les coups de révêque de Lyon : c'est que le gnosticisme, sous une de ses formes les plus dangereuses, avait pénélré jusque dans la Gaule, où il faisait d'assez grands ravages. En tout cas, la lutte était belle, et Irénée se montra digne de la soutenir.

Il y avait dans l'édifice du gnosticisme quelque chose d'étrange, mais d'imposant, je dirais presque de majestueux, malgré l'incohérence des parties et l'irrégularité des proportions : c'était, sous les formules de l'Ancien et du Nouveau Testament, le plus vaste syncrétisme qu'on ail jamais tenté; car les syncrétisles néoplatoniciens, qui puisèrent leur formule dans la mythologie grecque, excluant le christianisme et le judaïsme ou n'y faisant que des emprunts bornés, ne s'approprièrent qu'une faible partie des idées qui remuaient alors le monde. La Gnose (je l'envisage à son plus parfait dévelo])pement dans l'hérésie de Valentinus), la Gnose avait pris aux systèmes mystiques de i' Orient la théorie des déploiements de Dieu; à Platon, celle des idées archétypes, des trois mondes intelligible, terrestre et moyen, et de la création des choses par un Démiurge, inférieur à Dieu ; Pylhagore lui avait fourni la vertu des nombres et la métempsycose; le judaïsme et le christianisme, le

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