LIVRE III. — CHAPITRE II
dogme d'une chute et d'une rédemption; Pliilon, un modèle de fusion des doctrines juive et platonicienne; enfin les hérésies antijudaïsantes, l'opposition du Nouveau Testament à l'x^ncien, et de Jésus-Christ à .Jéhovah. Ce furent les hases sur lesquelles elle assit sa construction plus philosophique que religieuse, où Platon régna, à peu près souverainement, sous des textes hihliques.
Dociles aux habitudes du génie oriental, les gnostiques présentèrent leur système sous la forme de symboles quelquefois admirables, plus souvent ])izarres, et dont j'essayerai de donner une idée.
Ils plaçaient, avant l'existence des choses, au sein d'un repos infini, Dieu, fÈtre en soi, le Père des êtres, VAbime^, qui avait pour compagne la Pensée, appelée aussi Bonheur et Silence ^ De toute éternité, il s'était révélé à lui-môme, et sa Pensée avait engendré Nous, Vlnlelligence divine, son fils unique, coéternel à lui, égal à lui, le seul des êtres possibles qui put connaître le Dieu caché, le seul par qui on pût le connaître ^ De même que IM^f me avait une compagne, la Pensée, VlnleUigcncc en eut une, la Vérité ^ Abime et Pensée, Intelligence et Vérité formèrent le pi-emier quaternaire divin % le développement le plus sublime de Dieu, le fondement de tout développement ultérieur.
Cette révélation de Dieu à lui-même ne lui suffit pas; il lui plut de se manifester encore par ses idées et ses attributs. Alors les temps s'ouvrirent, la succession des
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