LIVRE III. —CHAPITRE II. 2i
Elle fut le re'sulfat de cette chute dont le monde idéal avait été témoin, le produit de cette faute commise par la ^rtr/esse divine ; et en effet, dans le système gnostique, la création était un mal, l'union de l'âme humaine cà la matière un état de déchéance, dont le Christ devait nous relever.
Au milieu des ardeurs de sa passion pour le Père, la Sagesse avait conçu et enfanté un triste fruit de son illusion, une autre Sagesse, inférieure à elle et dégradée, Sophia Achamolh\ l'âme du monde. Chassée du Plérome où elle n'avait point sa place, et tombée dans le vide et la nuit, elle donna naissance à la matière, et aux douleurs compagnes de la matière. Les gnostiques nous représentent cette fille des erreurs du ciel planant entre le monde idéal qui la repousse et le chaos qu'elle a produit, attirée à la fois par la matière et par l'esprit, et ballottée sans cesse de l'un à l'autre-. Tantôt, disent-ils, elle s'élançait vers l'éternelle lumière comme pour la saisir; tantôt, ravalée par le désespoir et trouvant plaisir à son abaissement, elle se plongeait avec délices dans les ténèbres et le chaos. Tour à tour elle riait et pleurait; les angoisses et la joie, l'épouvante et l'espoir la dominaient tour à tour ^ Christ, par pitié, lui tendit sa croix^ et, sans la ramener dans le Plérome, lui révéla quelques-uns des mystères d'en haut; Jésus lui apprit à aimer, et l'amour lui communiqua un rayon de Dieu.
1. Le mot Achamoth paraît dérivé d'un mot hébreu qui signifie sagesse.
2. Ta'jr/;v d'JrjTa'jiv -/.ai oOatav ttj; ij'j.r,- yEyîvrjO'Oai Jiyo-jmv, È| ri:; o5î 6
x6(7p.O; <7UV£(7Tr,X£V. IrcH., I, i, § 1.
3. IToTÈ jj.àv yàp £y.).ai£ -/.al èX'jtïeïxo... Xloxà oà oizyj.i'co v.a.\ iyéloi.' nozï o£ av uâ),iv £^oê£ÏTO- â/>.OT£ Ô£ oi.r,Tzô^ti, xat lïÎTTaTo. Iren., i, 4, § 2.