‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaine (volume 2)Chapitre 215 sur 353 · LIVRE III. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE II

Alexandre Sévère les aima et les favorisa : ils acquirent sous lui le droit de posséder des terrains pour l'exercice de leur culte, d'avoir des cimetières particuliers, et des églises pour leurs réunions. Les chrétiens, rapporte un écrivain païen, ayant usurpé dans l'enceinte de Rome un emplacement dépendant du domaine public, un cabaretier le leur disputa. L'affaire fut portée à l'Empereur, qui adjugea, sans hésiter, le terrain aux chrétiens, a Qu'on y (( honore Dieu d'une manière quelconque, dit-il, cela vaut « mieux que d'en faire un lieu de débauche ^ » Lui-même projeta un moment de construire un temple à Jésus- Christ, et voulut le placer au rang des dieux ^ Il devait aux leçons de sa mère une belle maxime chrétienne qu'il se plaisait à entendre proclamer par la bouche de ses crieurs : (( Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on « te fasses » Enfin il regrettait qu'on n'imitât pas dans la nomination des magistrats la marche suivie par les chrétiens pour l'élection de leurs prêtres et de leurs évêques, en discutant publiquement les candidatures, et examinant contradictoirement le mérite des sujets présentés *. Produit d'une opposition de l'Occident à l'Orient, Maximin réagit contre le christianisme que la maison de Sévère avait protégé^. Si ce barbare eût assez vécu, s'il ne se fût rendu par ses cruautés l'exécration de tout

1. Rescripiîit, melins esse ut quomodocunquc illic Dcuscolatar,quam popinariis dedatur. Lamprid., Alex., p. 131.

2. Christo templum faccre voluit, eunique inter deos rccipere. Id., ibid., 129.

3. Quod a quibusdam sive judoeis sive christianis audiorat... id per praeconem quum aliquem emendaret, dici jubebat : « Quod tibi fiori non « vis, alteri ne feceris. » Id., ibid., 132.

4. Quum id cbristiaui et judaù faceront in piwdiiandis sacerdotibus qui ordinandi sunt. Id., ibid., 130.

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